BFM Business

Les business angels sont prudents pour le deuxième semestre

Les business angels font preuve d'un certain attentisme

Les business angels font preuve d'un certain attentisme - Philippe Huguen - AFP

Les investissements des business angels au second semestre témoignent d'un certain attentisme, alors que paradoxalement la croissance économique s'accélère. Ce qui pourrait être dû aux incertitudes liées à la loi de Finances.

Difficiles à lire, les chiffres du capital investissement du premier semestre 2017. Selon l'Association des investisseurs pour la croissance (Afic), 1279 entreprises françaises ont été accompagnées par des fonds d’investissement au premier semestre, un record. La collecte auprès des investisseurs français a atteint 5,4 milliards d’euros ce semestre - sur un total de 8,1 milliards - contre 3,2 milliards à la même période en 2016. 

En revanche, selon les chiffres du fonds d’investissement Isai, les montants investis par les business angels dans le secteur internet enregistrent une baisse de 11% au premier semestre, et le nombre de tours de table a baissé de 20%. Un recul qui s’explique en grande partie par l’attentisme traditionnel des périodes d’élection présidentielle, selon Isai.

Mais cet attentisme n’a pas disparu après l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée. C’est la grande leçon du sixième baromètre exclusif réalisé par France Angels et BFM Business sur l’activité des business angels.

Prudence au deuxième semestre

Ce baromètre confirme que le premier semestre a été bon. La plus nette augmentation concerne le nombre de projets financés. 48% des réseaux annoncent une hausse, et seulement 9,5% une baisse. Les montants investis sont également en progression pour 38%, alors que seulement 24% constatent une baisse. On observe par ailleurs, comme dans les précédents baromètres, une constante hausse du nombre des business angels. À noter également la qualité croissante des projets sélectionnés.

Et pour le second semestre? Alors que la croissance économique s’accélère, les business angels se montrent étonnement prudents.

Le nombre de projets financés et les montants investis sont dans une perspective de grande stabilité, les optimistes étant à peu près aussi nombreux que les pessimistes. Cela peut sans doute s’expliquer par les incertitudes liées au projet de loi de finances 2018, notamment si la suppression de l’ISF-PME n'est pas compensée par une autre mesure encourageant la prise de risques.

Qu’espèrent du coup les business angels? Pour 50% d’entre eux, l’augmentation du dispositif Madelin (qui permet de réduire son impôt sur le revenu en cas d’investissement dans une PME) est la mesure la plus attendue, en plus de l’instauration d’une flat tax sur les plus-values mobilières à 30%, et le remplacement de l’ISF par un impôt sur la fortune immobilière (IFI).

Bonne nouvelle: la baisse d’impôt pour un investissement dans une PME pourrait passer de 18 à 30%. Une mesure qui permet d’anticiper des niveaux d’investissements record en 2018 pour les business angels.

Emmanuel Lechypre