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Les agents publics "doivent bénéficier d'une couverture complémentaire", demande la Mutualité fonction publique

Un médecin tend une carte Vitale à un patient le 23 septembre 2013 à Godewaersvelde (Nord)

Un médecin tend une carte Vitale à un patient le 23 septembre 2013 à Godewaersvelde (Nord) - PHILIPPE HUGUEN © 2019 AFP

Les salariés du privé bénéficient d'une mutuelle prise en charge a minima à 50% par leur employeur, mais pour les 5,5 millions d'agents de la fonction publique cette participation employeur s'élève en moyenne 1,60 euro.

Les agents publics "doivent pouvoir bénéficier d'une couverture complémentaire comme les autres": c'est le message adressé mardi par le président de la Mutualité fonction publique (MFP), Serge Brichet, à Amélie de Montchalin, nommée lundi ministre de la Transformation et de la Fonction publique.
"Infirmiers, pompiers, policiers... Nos agents sont là en première ligne, avec des moyens qui manquent, avec une santé exposée, avec des contraintes dévastatrices. Nous avions nommé leurs fragilités et leurs réalités en 2018 et 2019, force est de constater que ces récits étaient tristement et dramatiquement prémonitoires", a déclaré Serge Brichet lors d'une visioconférence.

"Reconnus indispensables" pendant la récente crise, "fiers et attachés au service public", "un quart d'entre eux sont pourtant prêts à quitter la fonction publique en raison de la perte de sens dans leur travail, faute d'accompagnement et de reconnaissance", a-t-il rappelé. "Ils ont été l'objet de promesses fortes de la part du gouvernement" mais "cette reconnaissance, j'ai le sentiment qu'elle risque d'être limitée", a-t-il dit. "Espérons qu'ils soient considérés plutôt comme des forces et des leviers" que comme des "coûts et des paramètres".

Quatre agents sur 10 ont renoncé à des soins pour des raisons financières

Selon la MFP, alors que les salariés du privé bénéficient d'une mutuelle prise en charge a minima à 50% par leur employeur, soit 244 euros par an en moyenne, pour les 5,5 millions d'agents de la fonction publique cette participation employeur, quand elle existe (elle est facultative), est dérisoire voire symbolique: de 60 centimes d'euro par mois à une centaine d'euros par an et, en moyenne 1,60 euro.
Lorsqu'un agent du service public doit subir un arrêt de travail prolongé, il ne perçoit qu'un demi-traitement au bout de trois mois, selon la MFP. Dans les catégories les plus modestes (C), un fonctionnaire sur deux peut ainsi basculer sous le seuil de pauvreté, conduisant "quatre agents sur 10" à renoncer à des soins pour des raisons financières, alertait-elle en avril 2017.

Serge Brichet a annoncé le lancement d'une "campagne avec les fédérations syndicales pour la protection sociale complémentaire des agents". La question d'une complémentaire santé plus élevée et obligatoire fait partie des sujets sensibles qui n'ont pas été tranchés dans le cadre de la loi de transformation de la fonction publique, promulguée en août 2019 quand Olivier Dussopt était secrétaire d'État à la fonction publique.

C.C. avec AFP