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Le président d'Unibail contre-attaque: "les activistes ont investi en connaissance de cause"

Christophe Cuvillier, président du directoire d’Unibail Rodamco Westfield, contre-attaque. Face à Xavier Niel et à son ex-patron, actionnaires minoritaires, qui critiquent le rachat de Westfield en 2018, il rétorque: "les activistes ont investi en connaissance de cause."

La bataille engagée par des actionnaires minoritaires qui contestent la stratégie du géant des centres commerciaux en Europe, Unibail Rodamco Westfield, contraint Christophe Cuvillier, président du directoire, à contre-attaquer.

"Ces activistes sont entrés au capital au mois de septembre 2019 soit plus d'un an après l'acquisition de Westfield. Ils ont donc investi en parfaite connaissance de cause" a précisé le dirigeant sur BFM Business.

"Pour avoir autant investi si c'était une erreur"

"Expliquer qu'aujourd'hui c'est une erreur... Je me pose la question, pourquoi ont-ils investi autant dans l'entreprise un an après, si c'était une erreur" a-t-il ajouté.

"Cette crise du Covid-19, nul ne pouvait la prévoir et effectivement cela a donné un coup sur la tête de l'entreprise. Comme pour toutes les entreprises de commerce, le cours de Bourse a chuté. Expliquer que c'est une erreur à cause du covid-19, qui a atteint très fortement toutes les foncières dans le monde entier, je ne suis pas sûr d'adhérer à cette vision" justifie le dirigeant d'Unibail Rodamco Westfield.

La foncière a 88 centres commerciaux dans le monde

La foncière, qui détient 88 centres commerciaux dans le monde, a déjà réalisé 5,3 milliards d'euros de cessions et présente un plan de renforcement du bilan du groupe de 9 millliards d'euros, baptisé Reset. "Ce plan prévoit encore 4 milliards d'euros de cessions dont 600 millions ont déjà été réalisés avec la cession du siège de Nestlé à Issy-les-Moulineaux. Il est 3,4 milliards à réaliser dans les 10 à 18 mois qui viennent" souligne Christophe Cuvillier.

Dans ce plan, figure une augmentation de capital de 3,5 milliards d'euros qui est aussi contestée par les actionnaires activistes qui prônent, à la place, de multiplier les cessions d'actifs essentiellement l'activité américaine, quand la situation le permettra.

"Multiplier les cessions est un pari très risqué sur l'avenir. Augmenter le capital est certes une décision difficile mais elle renforce immédiatement le bilan du groupe. Ne pas prendre cette décision est irresponsable" a conclu le dirigeant la foncière commerciale.

Celui-ci devra obtenir l'approbation de l'augmentation de capital lors de l'assemblée générale du 10 novembre prochain, qui promet d'être très animée...

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco