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Le patron de Suez assure à ses salariés que Veolia n'a pas pris le contrôle

Le directeur général de Suez, Bertrand Camus

Le directeur général de Suez, Bertrand Camus - Eric Piermont - AFP

Dans un courrier, Bertrand Camus assure que la prise de participation de 29,9% de Veolia dans Suez ne signifie ni prise de contrôle ni possibilité de gestion.

Dans l'affrontemement entre Suez et Veolia, la guerre des mots se poursuit. Cette fois, Bertrand Camus, le directeur général de Suez a pris sa plume pour écrire à ses salariés.

La prise de participation de Veolia dans Suez "ne veut pas dire contrôle", a écrit mercredi le dg, soulignant que le vieux rival "reste (un) concurrent" face auquel il faut continuer à "exceller".

"Nous entrons dans une nouvelle période. Une période de 12 à 24 mois pendant laquelle Veolia sera propriétaire des titres mais n'aura aucun droit de gestion ni d'intervention. Il restera notre concurrent", souligne-t-il, ajoutant: "Notre destin est entre nos mains!"

"Pour toute cette période, nous aurons à nous dépasser pour faire la différence face à nos clients (...) Nous devons accélérer le développement commercial, l'innovation, les plans de performance et tout ce qui permettra d'augmenter la valeur de notre entreprise pour la rendre inaccessible à Veolia", déclare-t-il, relevant que "l'histoire longue de 150 ans de Suez ne s'arrête pas aujourd'hui".

Suez refuse tout dialogue avec Veolia

Veolia, numéro un du traitement de l'eau et des déchets, a acquis lundi auprès d'Engie un bloc de 29,9% d'actions de Suez. Les titres lui ont été transférés dès mardi, et Engie a reçu le même jour les 3,4 milliards d'euros de la transaction, indique l'acquéreur.

Veolia a déposé dès lundi une "intention d'OPA" sur le reste des actions de son rival historique, afin de créer in fine une marque unique. Les démarches auprès des autorités de la concurrence à Bruxelles ont été engagées mardi, a précisé Veolia, qui s'attend à 12-18 mois d'instruction avant de pouvoir lancer formellement son OPA.

Au nom de la concurrence et du risque social et industriel, la direction de Suez refuse avec force toute fusion avec son concurrent, et promet de recourir à "tous les moyens (...) pour éviter une prise de contrôle rampante", a redit Bertrand Camus dans son message en trois langues à ses équipes en France et dans le reste du monde.

La direction de Veolia dit vouloir continuer le dialogue sur son projet après des discussions infructueuses sous l'égide de l'Etat. Son PDG Antoine Frérot a adressé mardi un message en ce sens au président du conseil d'administration de Suez, Philippe Varin. En vain pour l'instant.

Olivier Chicheportiche avec AFP Journaliste BFM Business