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Le meilleur système de retraite du monde est danois et la France arrive loin derrière

La pérennité du système français des retraites n'est pas assurée

La pérennité du système français des retraites n'est pas assurée - Public Domain - Pxabay - CC

Le cabinet Mercer a publié ce lundi son classement des meilleurs systèmes de retraite au monde. Le Danemark y trône en tête. La France se contente de la 13e place. Ses retraités sont pourtant bien traités, mais les doutes sur la pérennité du système font fléchir sa note.

La France est l'un des pays les plus généreux en matière de retraites. Avec un départ encore possible à 60 ans et une espérance de vie à 85 ans, les Français jouissent notamment de la retraite la plus longue au monde.

Est-ce à dire que l'Hexagone a le meilleur système de retraite au monde? Non. C'est entre autres ce que démontre le cabinet de consulting en ressources humaines Mercer dans la huitième édition de son classement des systèmes de pensions du monde publiée ce lundi. Ses experts ont passé au crible les systèmes en vigueur dans 24 pays. Pour chacun d'entre eux, un score et une note ont été attribués, allant de "E" (système "médiocre) à "A" (système "solide") en passant par D,C,C+,B et B+.

Au final, le Danemark arrive en tête du classement pour la cinquième année consécutive. Le royaume scandinave se voit attribuer un "A" pour le moins flatteur. Les Pays-Bas. L'Australie, la Finlande, la Suède, la Suisse, le Chili et le Canada ne sont pas loin avec leur B+. Et la France? Elle se situe dans le ventre mou du classement. Elle se classe au 13eme rang, ex-aequo avec les États-Unis, juste derrière l'Allemagne avec un score global de 56,4 points (contre 80,5 points pour le Danemark) et un "C" peu reluisant.

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Trois critères

Comment expliquer le piètre classement de la France? D'abord précisons que pour établir ce palmarès, Mercer s'est fondé sur trois critères principaux. Le premier est la "performance" (40% du score total) soit "l'efficacité économique, savoir si les citoyens ont suffisamment de revenus une fois à la retraite", explique Christel Bonnet, consultante retraite chez Mercer France. La deuxième reste simple puisqu'il s'agit de la viabilité du système à long terme (35% du score). Le troisième et dernier critère est un peu plus compliqué: l'"intégrité" du système.

"Il s'agit de la régulation de la transparence et de la communication du système en France. Voir ainsi s'il est compréhensible par tout le monde", décrypte Christel Bonnet.

La question de l'équilibre financier

La France pêche sur deux de ces trois critères. Sur la partie "performance", elle hérite d'une excellente note avec 75,2 points, soit bien mieux que la moyenne des 24 pays étudiés (58,1 points). De fait, seul quatre autres pays font mieux qu'elle (l'Australie, le Danemark, l'Irlande et le Pays-Bas), ce qui confirme que nos retraités sont bien traités.

"La France est assez généreuse. Nos retraités peuvent vivre avec leurs pensions Sécu et Arrco/Agirc qui leur assure un revenu suffisant alors que dans beaucoup d'autres pays ce n'est pas le cas. Mais ce sont les deux autres critères qui nous tirent vers le bas", commente Christel Bonnet.

En effet sur la pérennité financière du système, la France n'obtient qu'un score de 35,2, points quand la moyenne des 24 pays est de 48,5 points. "L'équilibre financier reste une énorme question. Selon l'Insee d'ici à 2050, la France comptera 1,4 actif pour 1 inactif de 60 ans ou plus (contre plus de 3 pour 1 en 1970, ndlr), ce qui a un coût énorme et n'est pas soutenable", rappelle Christel Bonnet.

On peut toutefois nuancer cette mauvaise performance. La France fait à peine moins bien que l'Allemagne (qui a un score de 35,8) et sept pays (dont l'Italie et le Japon) ont des scores encore moins enviables.

Des pistes d'amélioration

C'est beaucoup moins vrai pour le dernière critère, "l'intégrité" où la France obtient le cinquième plus mauvais score et le pire d'Europe. De fait, le système français reste peu lisible. "En terme de communication les règles en France sont très difficiles à comprendre car il y a toujours des subtilités entre les pénalités les décotes les surcotes, etc…On rend le système très opaque", indique Christel Bonnet. De plus, contrairement aux autres pays (surtout anglo-saxons), il n'existe pas en France de comité de suivi pour les dispositifs privés de retraites supplémentaires au niveau de l'entreprise (Perco, article 83, article 39). Une absence qui explique pourquoi Mercer juge sévèrement la gouvernance de notre système de retraite.

Le cabinet donne quelques recommandations pour que la France fasse mieux: améliorer le cadre réglementaire pour le secteur privé, augmenter l'activité des seniors puisque que la durée de vie augmente, et reporter l'âge légal de départ à la retraite. Une dernière préconisation qui devrait ravir les candidats à la primaire de la droite et du centre qui proposent tous de faire passer cet âge à 64 ou 65 ans (contre 62 ans à l'heure actuelle).