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Le gouvernement et Xavier Bertrand dénoncent "la brutalité" de la fermeture de l'usine Bridgestone Béthune

Elisabeth Borne le 3 septembre 2020 lors de la présentation du plan de relance

Elisabeth Borne le 3 septembre 2020 lors de la présentation du plan de relance - Ludovic Marin © 2019 AFP

Le site emploie 863 salariés. "Cest autant d'emplois qui sont aujourd'hui menacés", critiquent les ministres Elisabeth Borne et Agnès Pannier-Runacher, dans un communiqué cosigné par le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand.

Le gouvernement et le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand ont dénoncé mercredi "la brutalité" de l'annonce de la fermeture de l'usine Bridgestone à Béthune (Pas-de-Calais) qui emploie 863 personnes et demandé l'étude de "scénarios alternatifs", dans un communiqué commun.

La ministre du Travail Elisabeth Borne, sa collègue déléguée à l'Economie Agnès Pannier-Runacher et Xavier Bertrand affirment de concert "leur désaccord total face à cette annonce".

"Ils en contestent la brutalité, la pertinence et les fondements" et "demandent à l'entreprise que soient ouverts et analysés en détail l'ensemble des scénarios alternatifs à la fermeture du site et en tenant compte des possibilités offertes par les plans de relance national et régional", peut-on lire dans ce communiqué.

"L'usine de production de pneus de seconde monte emploie actuellement 863 salariés, sans compter les intérimaires: c'est autant d'emplois qui sont aujourd'hui menacés", rappellent-ils.

L'Etat et la région Hauts-de-France "appellent le groupe Bridgestone à prendre ses responsabilités, alors qu'il a largement désinvesti l'usine de Béthune depuis de nombreuses années, en faveur de ses autres sites européens, entraînant mécaniquement un déficit de compétitivité et, qu'au surplus, il a alloué au site des produits à faible marge dont le marché est en déclin continu".

Un "choc" et une "trahison"

Ils assurent être "aux côtés des salariés avec pour seul objectif le maintien de l'emploi industriel sur le site de Béthune". Une rencontre avec les représentants du personnel et élus du territoire "sera organisée dans les prochains jours pour faire le point sur la situation et décider des prochaines étapes".

L'annonce de Bridgestone "est un choc", a déclaré à l'AFP Mme Pannier-Runacher.

"Aux salariés du site, je veux dire que nous sommes à leurs côtés. Derrière chaque emploi, il y a un homme, une femme, une famille qui se trouvent dans l'incertitude des semaines et des mois à venir. Cette perspective est insupportable, d'autant plus que nous traversons une crise économique", a-t-elle ajouté.

"Que les choses soient claires: il est inacceptable que Bridgestone abandonne la partie sans s'être battu pour faire aboutir des solutions alternatives", a accusé la ministre.

Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement s'est lui aussi exprimé à l'issue du conseil des Ministres. "C'est une trahison de la confiance accordée", a accusé Gabriel Attal.

"Nous avons appris comme vous l'annonce de ce plan social. C'est un choc, mais aussi une décision brutale sur la forme et incompréensible sur le fond", a-t-il expliqué. Pour lui l'entreprise qui "a sous investit dans le site de Béthune", doit "prendre ses responsabilités".

Gabriel Attal a également précisé que le gouvernement allait réunir des représentants des salariés et des élus du territoire et demander à l'entreprise des "scénarios alternatifs".

T.L avec AFP