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Le foie gras pourra être vendu à prix cassé cette année, malgré la loi Egalim

Foie gras (illustration)

Foie gras (illustration) - OLIVIER LABAN-MATTEI / AFP

La loi Egalim prévoit, en théorie, de limiter les promotions en grande distribution pour éviter de tirer les prix vers le bas. Mais pour le foie gras, les offres vont se multiplier puisque les producteurs ont obtenu une dérogation.

Le foie gras sera-t-il bradé cette année? En tout cas, les promotions ne manqueront pas d'ici la fin de l'année. Une inconguité alors que la loi Egalim, promulgée il y a deux ans, limite drastiquement les prix cassés dans la grande distribution. En théorie, les remises sur les produits alimentaires sont plafonnées à 34% de la valeur et ne peuvent concerner que 25% du volume annuel écoulé par l'enseigne. Ainsi l'offre "un acheté, un offert" n'existe plus, seule celle "deux produits achetés, un offert" est encore valable.

Mais pour le foie gras, les règles ne s'appliquent pas. La DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) a ainsi émis un certain nombre de dérogations au début de l'année notamment pour les produits festifs comme le foie gras.

Silence radio comme condition

Pour les producteurs, cette dérogation est une bouffée d'air après plusieurs années très compliquées, marquées la grippe aviaire et ses abattages massifs. Le foie gras a aussi souffert pendant le confinement, alors qu'il est un produit traditionnellement mis sur la table à Pâques. La fermeture des restaurants a aussi fait mécaniquement chuter les ventes.

Selon le Parisien, dans son édition datée de samedi, cette dérogation donnée aux producteurs est néanmoins conditionnée à une étrange obligation: que les bénéficiaires (fournisseurs comme distributeurs) ne communiquent justement pas sur cette dérogation. Non seulement le foie gras est devenu un produit controversé ces dernières années, pour des raisons de bien-être animal, mais cette exception pourrait aussi donner du grain à moudre aux opposants de la loi Egalim qui la jugent trop sévère et inneficace.

Thomas Leroy Journaliste BFM Business