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Le fabricant français de puces STMicroelectronics ne connaît pas la crise

L'entreprise va afficher une croissance de 4,3% cette année, malgré la pandémie. Jean-Marc Chéry, président du directoire et directeur général de STMicroelectronics, explique qu'elle a pu échapper à la décroissance grace à son positionnement.

"Au mois d'avril, on n'était pas fier", lance ce matin sur BFM Business Jean-Marc Chéry, président du directoire et directeur Général de STMicroelectronics. Malgré le confinement et la crisé liée à la pandémie le fabricant de puces franco-italien affiche de beaux résultats.

Le chiffre d'affaires net de la société au troisième trimestre s'élève à 2,67 milliards de dollars, soit une hausse de 28% par rapport au trimestre précédent. Le constructeur va enregistrer une croissance de 4,3% cette année. Pour le dirigeant, ces bons résultats s'expliquent par le positionnement de l'entreprise.

"La compagnie est positionnée sur des marchés qui sont tirés par des tendances qui reposent à des besoins sociétaux, comme véhicules électriques, les objet connectés, la 5 G donc cela nous donne une base de business solide", détaille Jean-Marc Chéry.

Bloqué dans ses exportations avec Huawei

Il s'inquiète cependant des freins qui ont été mis en place sur les exportations à l'international. "95% de notre business en dehors de France et Italie et 75% en dehors de l’Europe", précise le dirigeant.

"Si les Chinois n’achètent qu’aux Chinois et les Américains qu’aux Américains, des sociétés comme les nôtres qui sont globales allons devoir sérieusement revoir nos stratégies", avance Jean-Marc Chéry.

Il dénonce les mesure de restrictions mises en place par le gouvernement américain contre le chinois Huawei qui nécessite une licence.

"Il faut s’arrêter avec ses mesures de limitations d’exportations. Ce qui me frustre c’est l’incapacité d’expédier mes pièces à Huawei alors que pendant 30 semestres consécutifs nous avons développé une relation avec ce client, et en T4 on facturé zero car depuis le 15 septembre on est bloqués dans nos exportations", dénonce-t-il. Et d'ajouter qu'il n'a pas de visibilité sur la date à laquelle il pourra obtenir cette fameuse licence.
Coralie Cathelinais Journaliste BFM Éco