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Le dirigeable pour charges lourdes de Flying Whales va décoller de Gironde

La jeune entreprise française Flying Whales va s'implanter à Laruscade (Gironde) pour produire des dirigeables rigides de transport de charges lourdes.

La jeune entreprise française Flying Whales va s'implanter à Laruscade (Gironde) pour produire des dirigeables rigides de transport de charges lourdes. - Flying Whales

Flying Whales va construire à Laruscade (Gironde) deux immenses hangars où seront produits les LCA60T, des dirigeables d'une capacité de transport de 60 tonnes. A terme, 200 à 300 emplois seront créés.

La jeune entreprise française Flying Whales va s'implanter à Laruscade (Gironde) pour produire des dirigeables rigides de transport de charges lourdes, présentés comme "non polluants", ont annoncé lundi la société et la région Nouvelle-Aquitaine, actionnaire du projet.

Flying Whales ("Baleines Volantes"), qui prévoit à terme de créer 2 à 300 emplois qualifiés, doit construire dans cette petite commune du Nord-Gironde deux immenses hangars où seront produits le LCA60T, dirigeable rigide de 150 m de long et d'une capacité de transport de 60 tonnes. La première de ces machines volantes d'un nouveau type sera destinée à l'Office national des forêts (ONF), actionnaire de la société, pour le débardage de bois dans les zones forestières difficiles d'accès.

Devant la presse à Bordeaux, le président de Flying Whales Sébastien Bougon a mis en avant le côté "fondamentalement" vert de l'engin, dont la portance era assurée à l'hélium.

"On va consommer 50 fois moins d'énergie pour se déplacer qu'un avion ou hélicoptère, rapporté au même tonnage transporté", a-t-il expliqué. La propulsion "pourra être complètement électrique et n'émettre qu'aucune émission".

En outre, "la machine va charger et décharger en vol stationnaire, au-dessus d'un port ou d'une forêt, par une porte ventrale. Il n'y aura aucune empreinte au sol", a-t-il dit. Pas besoin, donc, d'artificialiser des sols pour l'accueillir.

Un premier dirigeable prévu pour 2023

La construction de l'usine doit débuter l'an prochain et l'ingénierie du projet doit être bouclée d'ici 24 à 36 mois. Le premier dirigeable sera prêt en 2023 pour 18 mois d'essais, avec un premier vol d'ici début 2024, la certification opérationnelle de l'engin devant intervenir pour 2025.

A cette date, le projet aura nécessité 450 millions d'euros d'investissements, selon Sébastien Bougon, qui n'envisage pas de l'élargir au transport de passagers.

Il s'agit d'un "projet de rupture", notamment au plan environnemental, a souligné le président (PS) de Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset. C'est la "première fois que la région investira 10 millions d'euros dans le capital d'une société".

Flying Whales doit être l'"étendard" d'un parc économique de 160 hectares qu'entend développer la Communauté de communes Latitude Nord-Gironde (12 communes, 20.000 habitants), a expliqué son président Eric Happert.

Laruscade a su proposer une "zone suffisamment grande, plate, homogène et proche de l'autoroute" pour implanter les infrastructures nécessaires, selon M. Rousset. Pour construire "la plus grande machine volante du monde", un hangar de 250 m de long et 60 m de haut est nécessaire, a dit Sébastien Bougon

L'usine servira de modèle à celles qui seront ensuite implantées au Canada, dans la province du Québec, présente au capital, et en Chine. Les groupes ADP, Bouygues, Air Liquide -pour l'approvisionnement en hélium notamment - et la banque publique d'investissement Bpifrance sont également partenaires du projet.

C.C. avec AFP