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Le déficit commercial s'est dégradé en 2016

Selon les douanes, le déficit commercial s'est établi à 48,1 milliards d'euros l'an passé soit 3 milliards de plus qu'en 2015. En cause: la dégringolade des ventes de céréales et des exportations manufacturières.

Il y a encore un peu plus de 4 ans, Nicole Bricq, alors ministre déléguée au Commerce extérieur comptait ramener le déficit commercial à zéro, hors facture énergétique, d'ici à 2017. Comme bon nombre des objectifs affichés au début du quinquennat de François Hollande, cette ambition semble désormais inatteignable.

Selon les chiffres publiés par les douanes, ce mardi, en 2016, le solde commercial s'est dégradé l'an dernier, passant de de 45 milliards d'euros en 2015 à 48,1 milliards l'an dernier. Et ce alors que la facture énergétique s'est allégée de 8,3 milliards d'euros d'une année sur l'autre.

"Ce ne sont pas des bons chiffres. Ce n'est pas une bonne année", a reconnu le secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur, Matthias Fekl, interrogé par l'AFP.

Des retards de livraisons

Le creusement du déficit est somme toute logique puisque les importations ont stagné (+0,1%) alors que dans le même temps les exportations ont reculé de 0,6%.

Matthias Fekl attribue ces mauvais résultats à "des retards chez les fournisseurs d'Airbus qui ont décalé des livraisons", soit une aggravation du solde de l'aéronautique de 4,7 milliards d'euros "qui a contribué fortement à la dégradation globale".

Le secrétaire d'État au Commerce a également pointé une baisse de 2,5 milliards d'euros des exportations agricoles "en raison d'une mauvaise saison dans les céréales".

Cette aggravation du déficit est due à "un accroissement du déficit manufacturier supérieur à l'allègement de la facture énergétique", ont souligné pour leur part les Douanes dans un communiqué.

Un déficit à 49 milliards pour 2017

Les exportations de produits énergétiques ont affiché "un nouveau repli". En revanche, les ventes de véhicules automobiles sont en hausse pour la troisième année consécutive, ont indiqué les Douanes.

Matthias Fekl a toutefois souligné que le secteur automobile avait connu "une dégradation liée à une hausse des importations".

"Nous avons des importations élevées et une part de délocalisation de production, que ce soit en Europe de l'Est ou dans les pays du Maghreb qui est une réalité", a-t-il expliqué.

Pour 2017, le gouvernement a prévu un déficit commercial de 48,9 milliards dans le PLF.

J.M. avec AFP