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Le critère financier est-il insuffisant pour évaluer la performance d'une start-up?

Un rapport du Boston Consulting Group estime qu'il faut plus se restreindre au critère financier pour évaluer le succès d'une start-up.

Près de 8 milliards d'euros ont été investis dans les start-ups françaises en 2020. L'argent ne manque pas, mais comment évaluer le succès d'une jeune entreprise? Dans un rapport, le cabinet de conseil Boston Consulting Group (BCG) et l'association d'accompagnateurs d'entreprises La Boussole proposent de nouveaux critères, en plus du critère financier, pour évaluer le succès des start-ups.

"On a un écosystème qui fonctionne très bien, de mieux en mieux, avec des investissements de plus en plus importants" mais il n'y a souvent que le seul critère financier "pour définir ce qu'est une start-up à succès, ce qui passe souvent par la valorisation ou le montant de la levée de fonds. C'est important, mais c'est réducteur", a expliqué Lionel Aré, directeur associé au BCG, sur le plateau de BFM Business. "Il y a plein de choses aujourd'hui qui existent pour identifier les start-up qui fonctionnement" mais "ce n'est pas quantifié".

Trois autres dimensions sont proposées "qui sont à la fois des objectifs pour les start-up et des manières de mesurer le succès obtenu", poursuit-il. La première d'entre elles, "celle qui revient très fortement aujourd'hui", regroupe tout ce qui tourne autour de l'impact sociétal de la jeune entreprise, "que ce soit l'environnement, le social, la redistribution équitable du profit sur l'ensemble de la chaîne de valeur". L'objectif n'est pas d'analyser ce critère de façon indépendante, mais de voir "la capacité à faire l'ensemble, à être rentable et à avoir un impact sociétal".

Ruptures technologiques

Le rapport promeut également l'innovation et les ruptures technologiques comme autre critère d'évaluation. "C'est une dimension très forte, pour anticiper le succès futur d'une start-up, mais on voit bien aujourd'hui que, dans la manière dont elles définissent eux-mêmes leurs ambitions, être capable de changer les usages, les modes de fonctionnement, c'est quelque chose qui est très important". Enfin, la gouvernance arrive contre troisième et dernier nouveau critère. Soit "construire une entreprise dans laquelle on fonctionne différemment", selon Lionel Aré.

Pour lui, le critère financier et ces trois nouvelles dimensions "se renvoient les unes les autres. Si on a une promesse collaborateur, on arrive à recruter, si on arrive à recruter des gens meilleurs on sera plus rentables, on pourra lever des fonds. Tout ça fonctionne bien ensemble".

Jérémy Bruno Journaliste BFMTV