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Le coup de pouce à la croissance du calendrier 2016

Le calendrier apportera plus de croissance en 2016 qu'en 2015

Le calendrier apportera plus de croissance en 2016 qu'en 2015 - BFMBusiness

2016 compte 253 jours ouvrés, soit un de plus que l'an passé, ce qui devrait apporter un surplus de croissance allant de 0,04 à 0,17 point de PIB. Pour autant, tous les jours en plus ne se valent pas. Explications.

L'année dernière, l'économie tricolore avait pu bénéficier d'un alignement optimal des planètes pour la croissance. Chute des taux (et donc des coûts d'emprunt pour les entreprises et les ménages), pétrole cher, euro faible, tout semblait réuni pour galvaniser l'activité. Au final, la croissance devrait avoir progressé de 1,1%. Le chiffre exact sera connu la semaine prochaine, l'Insee devant publier une première estimation le vendredi 29 janvier.

Pour cette année, tous les effets décrits plus haut devraient être moins porteurs, à l'exception peut-être du pétrole, dont les cours ne cessent de dégringoler. Mais il y a pourtant un autre élément qui va jouer positivement sur la croissance: le calendrier.

En effet, 2016, année bissextile, compte un jour ouvré, c'est-à-dire un jour de semaine hors week-end, en plus que 2015, soit 253 contre 252. Certes l'année 2015 présentait déjà ce cas de figure, puisque 2014 ne comptait que 251 jours ouvrés. Pourtant l'effet à attendre sur la croissance va être plus fort.

Plus fort qu'en 2015

L'Insee table en effet sur des retombées pour le PIB annuel allant de 0,04 point à 0,17 point, avec comme chiffre médian 0,11 point. Soit de 87 millions à 366 millions d'euros en plus. "L'impact reste assez faible, c'est un effet de second voire de troisième ordre", relativise Ronan Mahieu, le chef du Département des Comptes nationaux de l'Insee.

Il n'empêche que ce gain va être supérieur à celui de 2015, où le jour ouvré supplémentaire n'a été "que" de 0 à 0,12 point de PIB, selon l'Insee. Pourquoi le jour supplémentaire rapporte plus en 2015 qu'en 2016?

Une explication plausible est que "tous les jours ne sont pas égaux en terme d'activité", rappelle Ronan Mahieu. En effet, l'Insee a constaté que l'impact sur le PIB d'un jour ouvré en milieu de semaine (mardi, mercredi et jeudi) était plus fort que le lundi ou le vendredi. S'il n'existe pas d'explications officielles, Ronan Mahieu considère "que cela est probablement lié au fait qu'une fraction minoritaire de gens allongent leur week-end et débordent sur le lundi et le vendredi. Ce sont donc deux jours qui sont généralement moins travaillés".

Le mercredi, le jour le plus fort pour l'activité

En fait, dans son modèle de calcul statistique, l'Insee considère que le jour d'activité économique le plus fort est le mercredi, soit au milieu de la semaine. Vient ensuite le mardi, puis le jeudi, le vendredi et enfin le lundi. 

Mais concrètement, cela ne joue pas tant que cela sur 2016. En effet, cette année compte un seul jour ouvré en semaine supplémentaire par rapport à 2015. Il y a un mercredi et deux vendredis en plus, mais aussi un lundi et un jeudi en moins. En considérant, d'une part, que les lundis et les vendredis se valent, et qu'il en est de même pour les mardis, mercredis et les jeudis, il n'y a donc qu'un vendredi en plus. L'impact du jour ouvré n'atteint donc pas son effet maximal.

Mais il y a une autre explication. En 2015, trois jours fériés vont tomber le dimanche (le 1er mai, le 8 mai et le 25 décembre) mais aucun le samedi, contrairement à 2015 (le 15 août). Or, l'activité est évidemment plus soutenue le samedi, où bon nombre de commerces et d'entreprises de services sont ouverts, que le dimanche. Ce qui explique, au final, que le calendrier va plus jouer en 2015 qu'en 2016. L'an passé, il y avait, en effet, un jour de plus de milieu de semaine qu'en 2014 (un jeudi) mais autant de samedi férié.

Des corrections trimestrielles

Il ne faudra toutefois pas s'attendre à voir ce calendrier jouer sur les chiffres du premier trimestre 2016 qui seront connus fin avril. En effet, si l'Insee ne corrige pas les variations d'activité dues aux jours ouvrés sur les chiffres annuels, elle le fait pour les statistiques trimestrielles.

"Mathématiquement, il est impossible que tous les jours fériés tombent en week-end. Ce qui limite l'impact du calendrier sur l'ensemble de l'année. En revanche, son effet peut être relativement important sur un trimestre. Or le but de la publication du PIB trimestriel est de donner une véritable tendance sur la conjoncture. Pour ce faire, nous devons corriger l'impact des jours ouvrables", justifie Ronan Mahieu. Sur le deuxième trimestre par exemple, les 1er et 8 mai tomberont un dimanche en 2016, contre un vendredi en 2015.

L'année 2017, elle, ne comptera en revanche que 251 jours ouvrés soit deux de moins donc qu'en 2016. L'Insee n'a pas encore chiffré l'impact mais il est toutefois "plausible" qu'il soit négatif, considère Ronan Mahieu.