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La "signature" France n'a jamais emprunté si bon marché

BFM Business propose deux indicateurs pour suivre au plus près l’évolution des taux d’emprunt de l’Etat et des grandes entreprises du CAC 40

BFM Business propose deux indicateurs pour suivre au plus près l’évolution des taux d’emprunt de l’Etat et des grandes entreprises du CAC 40 - -

Les entreprises du CAC 40 empruntent deux fois moins cher qu'au début de l'année 2012, montre l'indicateur Tikehau-Edhec Risk Institute-BFM Business

Comment concevoir que la France tiendra sa promesse de ramener ses déficits à 2,9% du PIB l’an prochain, alors que la croissance ne peut mécaniquement dépasser 0,5%, et sera même plutôt proche de 0%, loin des 1,2% espérés par Bercy? Les marchés financiers ne semblent pas encore se poser la question, mais pour combien de temps encore? La question est cruciale tant une remontée des taux longs aurait d'impact sur la trajectoire de la croissance et des finances publiques.

C’est pourquoi L’Observatoire BFM Business a bâti avec Tikehau, spécialiste des marchés obligataires, et de l’Edhec Risk Institute de bâtir deux indicateurs pour suivre au plus près l’évolution des taux d’emprunt de l’Etat et des grandes entreprises du CAC 40.

Comment fonctionne nos indicateurs?

Le premier calcule la charge d’intérêts relative de la dette entre la France et l’Allemagne. La différence de charge d’intérêt est ensuite expliquée en fonction de trois principaux facteurs : le montant de dettes émis par chaque pays selon la maturité (effet maturité) ; la forme de la courbe de taux de chaque pays (effet pente) ; le risque de crédit intrinsèque à chaque pays (effet crédit).

Le deuxième mesure, ce qui ne s’était jamais fait auparavant, le coût moyen d’un financement à 5 ans sur le marché obligataire pour les entreprises du CAC 40. Les entreprises du CAC 40 qui ne possèdent pas de dette cotée (Essilor, l’Oréal) ou de dette suffisamment liquide (Cap Gemini, Safran, ST Microelectronics, Technip et Vallourec) ne sont pas prises en compte dans les calculs.

Des taux historiquement bas

Pour le moment, les entreprises peuvent se financer à des taux historiquement bas (1,38% en avril, à peine la moitié du niveau auquel elles se finançaient quand notre indicateur a été créé en janvier 2012, soit 3%). Que le coût relatif de la dette de la France par rapport à l’Allemagne pour toute l’année 2012, calculé à partir du taux actuariel e été d’environ 16,74 mds EUR, tandis qu’il atteint 7,53 milliards d’euros sur le premier trimestre 2013.

La répartition des émissions par maturité permet de souligner le fait que la France a tendance à se financer à plus long terme que l’Allemagne (en 2012, 43% des émissions allemandes ont été de maturités inférieures ou égales à 5 ans contre 24% pour la France). Depuis le 3ème trimestre 2011, l’effet crédit est prédominant pour expliquer la différence d’intérêts entre les deux pays.

Ne quittez pas ces indicateurs des yeux : ce seront les premiers à annoncer l’arrivée des perturbations pour le gouvernement français. 

>> Lire aussi-Les nouvelles prévisions de croissance 2013 et 2014 de l’Observatoire BFM Business

Emmanuel Lechypre