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La France peine encore à convaincre les entreprises américaines

Seuls 3% des chefs d'entreprise américains conseilleraient d'implanter une société dans l'Hexagone, selon le rapport annuel de la chambre de commerce américaine en France. Les perceptions sur sa fiscalité, et les lourdeurs de son marché du travail la plombent encore.

En dépit de ce que martelait John Chambers, le patron de Cisco, la France a encore du chemin à parcourir pour devenir "The next big thing". Il y a du mieux, certes, mais les entreprises américaines continuent de vouloir éviter le territoire français. 

Selon le baromètre annuel de la chambre de commerce américaine en France, l'AmCham, les patrons d'entreprises outre-Atlantique ne sont que 3% à se dire prêt à recommander la France comme pays d'implantation. Certes ce chiffre était encore moins élevé l'an dernier (1%), mais il a littéralement dégringolé depuis 2011 (12%). 

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L'AmCham a interrogé 125 chefs d'entreprises avant les attentats du 13 novembre. Ils ne sont que 18% à estimer que la perception de la France par leur maison-mère est positive. En 2011, ils étaient 56%. Parmi les raisons de cette frilosité: l'instabilité fiscale, et la lourdeur du droit du travail, mais aussi un climat social jugé pesant.

Le premier investisseur étranger

"Que ce soit en matière fiscale, de droit du travail ou de dialogue social, le constat est qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour transformer l’essai. D’autant plus que les principales destinations d’investissement concurrentes de la France (Royaume-Uni, Allemagne, Italie) se réforment vite, et souvent plus en profondeur", expliquent les auteurs de l'étude.

L'Hexagone tire cependant son épingle du jeu sur le numérique, où l'opinion des chefs d'entreprise est favorable à 56%. Et 85% des dirigeants interrogés estiment que notre pays est attractif pour une entreprise qui cherche une transformation numérique.

Comme le rappelle l'AmCham, les Etats-Unis sont, paradoxalement, le premier pays en termes d'investissements étrangers en France à l'heure actuelle, représentant 440.000 emplois directs et plus de 2 millions d'emploi indirects. En 2014, les entreprises américaines représentaient 19% des décisions investissements, et occupaient ainsi la première place, devant les sociétés allemandes (14%), britanniques (9%), italiennes (9%) et japonaises (6%).

N.G. et J.M.