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La faible inflation remet la pression sur la BCE

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- - Kay Nietfeld - AFP

Au mois de décembre, les prix en zone euro n'ont progressé que de 0,2% sur un an. Un chiffre qui, selon les observateurs, va inciter la Banque centrale européenne à intensifier son action pour permettre à l'inflation de repartir de l'avant.

L'élan est désormais brisé. L'inflation en zone euro a stagné en décembre, selon les données publiées ce mardi 5 janvier par Eurostat. Alors qu'il avait enrayé sa chute et commençait à se reprendre depuis le mois de septembre, cet indicateur s'est élevé à +0,2% le mois dernier, soit le même chiffre qu'en novembre.

Comme le souligne l'analyste d'IG Market Alexandre Baradez sur Twitter, cette statistique est décevante dans la mesure où les marchés s'attendaient à un chiffre un peu supérieur (+0,3%)

Au-delà de ce léger écart, ce chiffre de 0,2% au mois de décembre reste une épine dans le pied de la Banque centrale européenne (BCE). "La BCE ne va pas aimer ces données sur l'inflation", écrit d'ailleurs Holger Sandte, économiste de la Banque Nordea dans une note.

Tout au long de 2015, l'institution européenne n'a eu de cesse de multiplier les mesures pour refaire décoller les prix dans l'union monétaire, se rapprocher de son objectif (soit une inflation "proche de mais légèrement inférieure à 2%"), et éviter de basculer dans la déflation, un scénario qui serait néfaste pour l'économie européenne.

Une réunion très suivie en mars

En décembre dernier, son président Mario Draghi avait annoncé des mesures jugées décevantes par les marchés. La Banque centrale s'était contentée de prolonger de six mois son programme de rachats d'actifs, là où les investisseurs attendaient une hausse du montant de ces rachats, qui pour le moment s'élèvent à 60 milliards d'euros par mois.

Pour les analystes, le chiffre tombé ce mardi pourrait pousser Mario Draghi à revoir sa copie. Avec ces chiffres, "de nouvelles mesures d'assouplissement de la part de la BCE ne doivent pas être exclues", fait valoir Holger Sandte. "Nous continuons de penser que la BCE a été trop timide en décembre et va devoir accélérer", affirme de son côté l'économiste de Capital Economics Jennifer McKeown.

S'il semble peu probable que la Banque centrale européenne s'active dès sa prochaine réunion (qui aura lieu le 21 janvier prochain), les experts considèrent qu'il faudra accorder la plus grande importance à la suivante, qui se tiendra le 10 mars.

J.M.