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La courbe que va détester Hollande et adorer Cameron

David Cameron peut voir l'avenir sereinement: le FMI ne voit pas la France repasser devant le Royaume-Uni d'ici à 2020.

David Cameron peut voir l'avenir sereinement: le FMI ne voit pas la France repasser devant le Royaume-Uni d'ici à 2020. - Didier Lebrun - Belga - AFP - Montage BFMTV.com

La France a bien perdu son statut de cinquième puissance économique, selon les dernières estimations du FMI. Et la tendance ne s'inversera pas dans les années à venir. Bien au contraire.

L'ambiance risque d'être un peu plus tendue que d'habitude lors du prochain G7, qui se déroule les 7 et 8 juin prochains au château d'Elmau, en Allemagne. François Hollande aura officiellement perdu son statut de chef d'Etat de la cinquième puissance économique au profit de David Cameron, tout nouvellement réélu.

En effet, à quelques jours de cette importante réunion, l'institut allemand des statistiques Destatis a publié un guide sur les principaux chiffres économiques des pays membres du G7.

Ce document met notamment en avant les dernières estimations économiques du FMI dans son "World Economique Outlook" d'avril dernier. Le fait le plus saillant? Le Royaume-Uni est bel et bien passé devant la France au classement des plus grandes puissances économiques. Le FMI estime en effet qu'en 2014, le PIB britannique équivalait à 2.945 milliards de dollars contre 2.847 milliards pour celui de l'Hexagone.

Une donnée qui vient apporter de l'eau au moulin de la Commission européenne. En janvier dernier, Bruxelles avait en effet déjà publié des estimations montrant que la perfide Albion avait ravi la cinquième place à l'Hexagone. Les PIB étaient alors chiffrés en euros, avec 2.232 milliards pour la France et 2.134 milliards pour la France.

Emmanuel Macron avait alors relativisé cette dégradation en affirmant que "ce ne serait pas un drame" et en rappelant que ces chiffres "n'ont pas été totalement confirmés". Le ministre de l'Economie rappelait d'ailleurs à juste titre que la France avait déjà été surclassée par le Royaume-Uni jusqu'en 2008. Pour autant "on avait pas le sentiment que tout allait mal en 2005, 2006, 2007", plaidait-il.

700 milliards de différence en 2020

Toutefois il semble peu probable que Paris soit en mesure de repasser devant Londres dans les prochaines années. Selon le FMI, l'écart va au contraire encore plus se creuser entre les deux économies européennes. A l'horizon 2020, le fonds voit la différence entre les deux PIB atteindre plus de 700 milliards de dollars (un record sans précédent), contre 100 milliards à l'heure actuelle.

L'explication est simple: le FMI estime que la croissance du Royaume-Uni va continuer de croître à un rythme pour le moins impressionnant: 2,72% en 2015, 2,33% en 2016, 2,2% en 2017, 2,2% en 2018, 2,15% en 2019, 2,1% en 2020. En comparaison, jamais la France ne dépasserait le seuil de 2% sur les cinq prochaines années, toujours selon le FMI.

Un lot de consolation

Evidemment des projections sur un horizon aussi lointain doivent être regarder avec prudence. Mais le message du FMI est clair: L'économie française ne dispose pas de moteurs suffisamment puissants pour reprendre la course en tête.

Reste un lot de consolation: la France est toujours devant le Royaume-Uni, si l'on mesure le PIB en PPA ("parité de pouvoir d'achat"), c’est-à-dire en exprimant le PIB en tenant compte du pouvoir d'achat d'une population donnée.

Mais à ce moment-là, aussi bien Londres (2.549 milliards de dollars en PPA) que Paris (2.581 milliards de dollars) sont devancées par des pays aussi diverses que le Brésil (3.264 milliards, l'Indonésie (3.534 milliards), l'Inde (7.376 milliards) et la Chine (17.617 milliards), qui a, elle surpassé en 2014, les Etats-Unis (17.419 milliards).