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L'Insee prédit une hausse spectaculaire des marges des entreprises

Le taux de marge des entreprises va nettement se dressé, début 2015, selon l'Insee

Le taux de marge des entreprises va nettement se dressé, début 2015, selon l'Insee - Frederick Florin - AFP

La dernière note de conjoncture de l'Insee, publiée ce jeudi 2 avril, table sur deux trimestres de croissance relativement élevée. Les marges des entreprises sous l'effet du CICE et du pacte de responsabilité, connaîtraient un rebond spectaculaire, pour revenir à leur niveau de 2011.

Ces dernières semaines l'exécutif n'a eu de cesse d'utiliser la méthode Coué. François Hollande a assuré que "la reprise est là", début mars. La semaine dernière, Manuel Valls a dit espérer "fa ire bien mieux que 1%" de croissance, voire viser 1,5%. Et ce jeudi matin, le ministre des Finances Michel Sapin a, lui, affirmé que 1% de croissance pour 2015 est un "minimum".

La note de conjoncture de l'Insee, publiée quelques heures plus tard, devrait conforter leur optimisme. En raison d'un environnement international plus clément et de la vigueur de la consommation des ménages, la croissance française devrait, selon l'institut statistique, connaître une embellie au début de l'année. La croissance progresserait ainsi de 0,4% au premier trimestre puis de 0,3% au deuxième. En rythme annuel, "la hausse de l'activité atteindrait 1,1%, mi-2015, le rythme le plus haut depuis fin 2011", assurent les auteurs de cette note de conjoncture.

Une bonne nouvelle qu'il convient de relativiser. Le tableau global dressé par l'Insee reste toutefois mi-figue mi-raisin. Car le léger rebond de la conjoncture ne suffira pas à faire reculer le chômage d'ici à juin prochain. Et les investissements ne décolleront pas. Voici, en 5 points, les principaux enseignements du document de l'Insee.

1. Les marges des entreprises regonflent…

Les marges des entreprises, qui n'ont eu de cesse de se dégrader depuis 2010 ont commencé à repartir à la hausse à la fin 2014. La bonne nouvelle pour les chefs d'entreprises est que l'Insee voit cette embellie se poursuivre, le taux de marge passerait ainsi de 29,9% (au dernier trimestre 2014) à 31,2% au premier trimestre. Dans le détail, le Crédit Impôt compétitivité emploi (CICE) contribuerait pour près de la moitié à cette hausse de 1,3%, le pacte de responsabilité jouerait pour 0,4% et la baisse des prix du pétrole pour 0,3%. Ce taux progresserait encore au deuxième trimestre pour s'élever à 31,3%.

Cette hausse impressionnante ramènerait ainsi le niveau de marge des sociétés à celui de 2011. Mais il serait encore un peu en dessous de sa moyenne d'avant-crise de 32,7% sur la période 1988-2007.

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- © Insee

2. Mais les investissements ne décollent pas

Malheureusement, l'amélioration des conditions financières des entreprises ne permettrait pas à l'investissement de s'envoler. L'Insee note, en effet, que "que les enquêtes de conjoncture, notamment dans les services, indiquent que les chefs d'entreprises resteraient encore attentistes et en seraient guère enclins à accélérer franchement leur investissement". Au final, leur évolution serait quasi-stable (+0% au premier trimestre puis +0,1% au deuxième).

3.Le pouvoir d'achat des ménages se redresse

Le pouvoir d'achat des ménages s'était déjà repris en 2014, après avoir stagné en 2013. Au premier semestre 2015, il devrait continuer son ascension, en gagnant 1,6%, grâce notamment à une inflation toujours très faible. L'Insee estime, en effet, que l'évolution des prix va rester dans le rouge, avec -0,1% sur un an à juin 2015. L'effet de la chute des prix du pétrole jouerait à plein.

4.La consommation reste forte

C'est l'une des principales sources de satisfaction de la note de conjoncture: la hausse de la consommation des ménages, principal moteur de l'économie française (environ 55% du PIB) va s'accélérer. L'Insee table ainsi sur une augmentation de leurs dépenses de 0,6% puis de 0,3%. Des chiffres qui s'expliqueraient à la fois par un retour à la normale des dépenses d'énergie ainsi que par la hausse du pouvoir d'achat évoquée plus haut.

5. Le chômage continue à progresser

C'est le principal point noir du document de l'Insee. Si l'activité se reprend, les effets sur l'emploi ne se feront pas encore sentir. Ainsi, la légère reprise de l'emploi (+20.000 d'ici à juin prochain) ne suffira pas à compenser la hausse de la population active (+64.000 personnes).

Au final, le taux de chômage augmenterait encore, passant à 10,6% en France (DOM compris) contre 10,4% fin 2014.