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L'Insee confirme que le revenu des ménages s'est maintenu malgré la crise

Le pouvoir d'achat des Français s'est effrité en 5 ans

Le pouvoir d'achat des Français s'est effrité en 5 ans - Fotolia

Malgré le recul de 8% de l'activité économique, les revenus des ménages se sont maintenus en 2020 au niveau de l'année précédente, assure l'Insee dans son Portrait social de la France.

Un choc d'une ampleur inédite contenu grâce aux transforts sociaux. Dans son Portrait social de la France pour l'année 2020, l'Insee revient sur l'évolution des revenus et du pouvoir d'achat des Français durant la crise sanitaire.

Malgré un recul de l'activité de près de 8%, l'Insee a constaté qu'en 2020 le revenu disponible brut des ménages (RDB) a progressé de 1% en valeur, soit de 15,1 milliards d'euros au total.

"Comme, dans le même temps, les prix de la dépense de consommation finale des ménages ont également augmenté en 2020 (+0,6%), le pouvoir d’achat du revenu disponible brut des ménages a progressé de 0,4%", détaille l'Institut.

Une fois le RDB ramené au niveau individuel, c’est à dire en tenant compte de la croissance de la population et de l’évolution de la taille et de la structure des ménages, le pouvoir d’achat du RDB par unité de consommation est resté stable en 2020.

Après un recul marqué sur la première partie de l'année (-2,4% au deuxième trimestre par rapport à fin 2019), les revenus se sont redressés pour terminer au quatrième trimestre 2,5% au-dessus de leur niveau de la fin de 2019.

La crise de 2020 a eu des conséquences proches de celle de 2008 pour les revenus des ménages. En 2009, malgré un recul de 2,9% du PIB, le revenu brut des ménages avait progressé de 1% et le pouvoir d'achat davantage encore (+1,6%) avec les baisses de prix.

Si les revenus des ménages ont tenu le choc c'est essentiellement dû aux amortisseurs sociaux du "quoi qu'il en coûte".

"Sous l’effet de la crise sanitaire et de ses répercussions économiques, les revenus d’activité et du patrimoine ont fortement diminué (–3,5 %), rappelle l'Insee. La baisse des salaires bruts s’explique en partie par les pertes d’emplois, mais surtout par le recours important au dispositif d’activité partielle. Les dispositifs d'aides ont généré une forte augmentation des prestations sociales en espèces reçues par les ménages en 2020 (+ 9,5%, soit +49,6 milliards d'euros). Cette hausse est due majoritairement à l’utilisation à grande échelle du dispositif d’indemnisation de l’activité partielle et aux mesures exceptionnelles prises pour lutter contre la pandémie."

La consommation en fort recul

Dans le même temps la consommation a fortement chuté du fait des restrictions saniataires. Ainsi l'Insee estime que la consommation des ménages a baissé en valeur de 6,5% en 2020.

"La chute est particulièrement marquée pour certains produits et services, en particulier dans les secteurs où les mesures de restriction ont été les plus importantes: les transports (–41,7 %), l’hébergement-restauration (–33%) et les arts, spectacles et activités récréatives (–14,6%), rappelle l'Insee. La consommation de produits énergétiques (carburants notamment) a également été affectée (– 22,6%), de même que celle en biens manufacturés (–6,1 %). En revanche, la consommation de produits électriques, électroniques et informatiques (ordinateurs, téléphones, lavelinge, lave-vaisselle, etc.) a fortement progressé (+ 4%) avec le développement du télétravail et la volonté des ménages de mieux équiper leur logement."

Une revenu stable, moins de consommation et logiquement beaucoup plus d'épargne.

Insee.
Insee. © Insee

Le taux d'épargne s'est établi à 21,4% du revenu disponible contre 15,1% en 2019.

"Les disparités entre ménages sont cependant importantes : le surplus d’épargne aurait essentiellement concerné les 20 % de ménages les plus aisés", rappelle l'Insee.
Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco