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L’Etat veut accélérer la relocalisation en France de la production de composants électroniques

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Image d'illustration - SEBASTIEN BOZON / AFP

Face à la pénurie de semi-conducteurs dont souffre l’industrie automobile, le gouvernement veut redévelopper une filière française. A plus court terme, les filières automobiles et électroniques vont joindre leurs forces pour résorber les problèmes d’approvisionnement.

Comment sécuriser l’approvisionnement de semi-conducteurs pour l’industrie automobile? Bercy a réuni hier soir les professionnels de la filière et de l’électronique pour limiter l’impact de cette pénurie qui pèse de plus en plus sur la production des constructeurs français dans l’Hexagone et en Europe.

A l’issue de ces concertations, Bercy annonce ce jeudi que l’automobile et l’électronique vont travailler ensemble afin d’optimiser les circuits d’approvisionnement. En temps normal, ce sont les équipementiers automobiles comme Valeo, Bosch ou Faurecia qui jouent le rôle d'intermédiaires entre ces deux secteurs, explique-t-on.

Des capacités de production française seraient potentiellement à mobiliser, comme celles de ST Microelectronics. Peu de solutions concrètes ont cependant été avancées.

Une mauvaise anticipation des commandes de la part des constructeurs?

Pour Bercy, rapporte Reuters, la crise que traverse l’industrie automobile révèle "une mauvaise anticipation" des constructeurs sur leurs commandes de composants électroniques. La demande de composants a explosé, suivant la demande mondiale d’appareils électroniques, les demandes de voitures électriques et hybrides ont aussi explosé l'an dernier. Et la crise pourrait durer.

On va être encore dans une économie de gestion de la rareté pendant plusieurs mois de la part des constructeurs et des entreprises de l'électronique", explique-t-on à Bercy.

A plus long terme, le gouvernement veut aussi repenser une production locale plus importante de composants. Cette stratégie sera financée dans le cadre du 4e programme d‘investissements d’avenir, qui prévoit une enveloppe globable tous secteurs confondus de 20 milliards d'euros. Un plan "Nano 2022" doit également permettre d'apporter 1 milliard d'euros d'investissements publics.

Mercredi sur BFM Business, la ministre en charge de l’Industrie Agnès Pannier-Runacher appelait déjà à réinvestir ce secteur, notamment au niveau européen.

Cette tension qui ne concerne pas que l'automobile et c'est là qu'on voit tout l'intérêt d'avoir une politique de relocalisation en France et en Europe, notamment dans la filière électronique", soulignait la ministre.

D'après Bercy, deux axes principaux se dégagent ainsi de cette nouvelle stratégie industrielle: augmenter au plus vite la capacité de fonderie et de gravure de semi-conducteurs et miser aussi sur la recherche et développement pour développer de nouveaux composants.

Pauline Ducamp et Julien Bonnet