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L'Etat plafonne le prix des masques chirurgicaux, mais pas celui des masques grand public

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Le gouvernement a annoncé ce 1er mai le plafonnement des prix des masques chirurgicaux à 95 centimes, mais renoncer à encadrer celui des masques grand public en tissu.

Le prix des masques chirurgicaux qui seront vendus dans les commerces dans le cadre du déconfinement sera plafonné à 95 centimes d'euro l'unité, mais il n'y aura pas de plafond pour les masques textile, a annoncé vendredi la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie, Agnès Pannier-Runacher.

"J'ai pris deux décisions. La première est de plafonner le prix des masques en papier à usage unique de type chirurgical, qui ne pourra pas dépasser 95 centimes d'euro par masque", a-t-elle déclaré sur RTL. Pour les masques tissu, pas d'encadrement des prix pour l'instant, mais "il y a aura des enquêtes chaque semaine" pour s'assurer "qu'il n'y ait pas de dérive des marges"

Pour les masques chirurgicaux donc, "il s’agit d’un prix plafond que la DGCCRF contrôlera pour s’assurer qu’il ne soit pas dépassé. Le Gouvernement s’assurera par ailleurs que le niveau des marges reste contenu dans les différents circuits de distribution", a précisé le cabinet d'Agnès Pannier-Runnacher.

En revanche donc, le gouvernement ne fixera pas de prix maximum aux masques en tissu, comme l'avait expliqué la secrétaire d'Etat lundi: “Un masque peut avoir différentes caractéristiques, qu'il s'agisse du nombre d'utilisations, de marques éventuellement. Pour ces raisons, l’approche qui consiste à dire ‘il y a un prix maximum’ risquerait de freiner l'innovation”, avait indiqué Agnès Pannier-Runacher.

Pour autant, le gouvernement allait rester attentif au "prix par utilisation" de ces masques lavables, estimant qu'un bon tarif serait "de l’ordre de 20 à 30 centimes d’euros à l’usage, pour des produits visant essentiellement la qualité de filtration".

Le gouvernement a donc demandé à la Répression des fraudes de procéder à des "relevés de prix, effectués dans les différents circuits de distribution, y compris en ligne, et d’un suivi des signalements des consommateurs ou des associations de consommateurs associées à cette démarche grâce à la plateforme SignalConso".

La DGCCRF "communiquera régulièrement sur des fourchettes de prix pratiqués afin de fournir aux consommateurs une information sur les prix habituels de ces produits" a encore détaillé le gouvernement.

D'autres contrôles auront lieu pour s'assurer de la qualité des masques grand public. "Des enquêtes seront menées chez les fabricants et importateurs de ces masques, ainsi que dans la distribution" pour "vérifier que ces produits ont bien fait l’objet des tests probants quant à leurs performances de filtration" et pour "s’assurer de la véracité des allégations associées aux masques vendus au grand public", a précisé le cabinet de la secrétaire d'Etat ce vendredi.

La DGCCRF aura donc une mission de plus dans une période déjà très intense pour elle. Ses services ont en effet "initié une task force interministérielle anti-arnaques COVID-19 avec les autres services d’enquête de l’Etat, a ainsi déréférencé plusieurs dizaines de milliers d’annonces en ligne et fermé une centaine de sites", souligne le gouvernement.

En outre, la plateforme SignalConso, où les consommateurs peuvent signaler les manquements aux autorités de contrôles, a déjà recueilli près de 1200 signalements concernant des abus liés au COVID-19, et a mené des investigations à ce sujet.

Nina Godart avec AFP