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L'Amérique distance durablement l'Europe

Les Etats-Unis et l'Europe ont pris des chemins économiques diamétralement opposés, et l'histoire semble donner raison aux premiers...

Les Etats-Unis et l'Europe ont pris des chemins économiques diamétralement opposés, et l'histoire semble donner raison aux premiers... - -

Gaz de schiste, politique monétaire accommodante, investissement dans la recherche et l'innovation, etc: les choix économiques des Etats-Unis les rendent plus performant que l'Europe, pour longtemps.

Pourquoi l'Amérique va-t-elle mieux que la vieille Europe? C'est évidemment une question de politique économique! La Réserve fédérale américaine a injecté dans l'économie américaine des tombereaux de milliards de dollars qui ont nourri les marchés financiers, recrée un effet de richesse et relancé l'immobilier, tandis que la consolidation budgétaire ne pesait guère sur l'activité. La zone euro à fait le choix de davantage de rigueur monétaire et surtout budgétaire. Elle le paie cher aujourd'hui.

Mais ce n'est pas le plus inquiétant! Car l'écran de fumée des politiques économiques ne doit pas cacher une vérité beaucoup plus crue: le bloc des vieux pays industrialisés est en train d'éclater, entre des Etats-Unis au potentiel toujours vigoureux, une Europe à bout de souffle et un Japon plus proche de suivre le chemin du vieux continent que celui du jeune!

Un écart de potentiel de croissance historiquement élevé

Intéressons-nous surtout au nouvel océan qui est en train de s'élargir entre les deux rives de l'Atlantique. Le potentiel de croissance des États-Unis, autrement dit leur capacité à croître durablement sans inflation grâce à l'augmentation de leur main d'œuvre et de l'intelligence de celle-ci à exploiter son outil de travail, avoisine désormais 2,5% par an. Contre 0,5% en Europe. Un écart historiquement élevé, grâce à une différence de productivité elle-même préoccupante. Chaque année, les entreprises américaines investissent quasiment 1 point de PIB de plus que leurs concurrentes européennes dans la recherche et l'innovation en général et dans les technologies de l'information en particulier! 

Contrairement aux idées véhiculées ici, enfin, le niveau de qualification de la main d'œuvre est plus élevé outre-Atlantique que sur le vieux continent: 10% seulement de la main d'œuvre n'a pas de diplôme du secondaire, trois fois moins qu'en Europe.

Ce diagnostic, qui doit être complété par le choc de compétitivité dont bénéficie toute l'Amérique grâce aux gaz de schiste, choc qui va réduire durablement le déficit commercial du pays, n'est évidemment pas neutre pour les marchés financiers, et en particulier pour le dollar, qui trouve la plus d'un facteur de soutien. Au moins une bonne nouvelle pour la zone euro!

Emmanuel Lechypre