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Un accord sur le Tafta jugé "impossible" en 2016

Matthias Fekl est secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur, 
de la promotion du Tourisme et des Français de l'étranger. Il est aussi conseiller régional d'Aquitaine.

Matthias Fekl est secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur, de la promotion du Tourisme et des Français de l'étranger. Il est aussi conseiller régional d'Aquitaine. - AFP - Bertrand Guay

Le secrétaire d'État français au Commerce extérieur, Matthias Fekl, estime qu'il faudra prendre le temps nécessaire pour aboutir à des négociations "positives pour l'emploi en France".

Les négociations sur le libre-échange entre l'Union européenne et les États-Unis dans le cadre du Tafta (ou TTIP) ont beau être ouvertes, un accord n’est pas pour tout de suite. "Je pense qu'un accord en 2016 est impossible et que par ailleurs tout le monde le sait bien, y compris ceux qui à longueur de communiqués disent le contraire", s’est exclamé mardi le secrétaire d'État français au Commerce extérieur, Matthias Fekl, auprès de l'AFP.

Point d'empressement

"Nous attendons tellement aujourd'hui d'offres sérieuses de la part des États-Unis qu'il n'y a absolument aucune chance que les choses arrivent avant la fin de l'administration Obama", a-t-il ajouté. "Mais rien n'est pire dans une négociation que de rentrer en disant ‘On veut à tout prix conclure’", a-t-il jugé, préférant "avoir un bon accord, avoir un accord exigeant avec des choses positives pour l'emploi en France, pour les salariés".

"Si ce n'est pas le cas, nous en tirerons les conséquences", a-t-il poursuivi. "Je peux vous garantir quelque chose, je ne serai pas le secrétaire d'État au Commerce extérieur qui irait devant le Parlement pour vendre à tout prix un accord que je jugerais mauvais et pas satisfaisant pour notre pays", a-t-il assuré.

Matthias Fekl a par ailleurs fustigé les déclarations de certains responsables de la Commission européenne, à commencer par celles de la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström qui a indiqué la semaine dernière que la France avait donné son accord à la poursuite des négociations. "La Commission a fait des déclarations très surprenantes tout au long des dernières semaines sur ces négociations dont tout le monde sait qu'elles ne se passent pas bien et qu'elles n'évoluent pas", commente le secrétaire d’État.

La Commission cherche des "responsables"

Matthias Fekl a aussi dénoncé les accusations de "double langage" portées contre Paris. "Très sincèrement, ce type de déclarations sont à la fois désobligeantes à l'égard de la France, elles sont par ailleurs totalement en décalage avec ce qui se passe en Europe où vous avez partout des réticences sur la manière dont sont négociés ces types d'accords, avec toujours des promesses de croissance et d'emploi mais très peu de résultats à la clé", a-t-il déclaré.

"On a le sentiment que la Commission, qui se rend bien compte que les négociations n'avancent pas, n'est plus tellement dans une phase de négociation et est plus déjà dans une phase de désignation des responsables d'un échec", a-t-il regretté.

A.R. avec AFP