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Taxes de Trump sur l'acier et l'aluminium: la France les "regrette", l'UE veut en "être exemptée"

Bruno Le Maire.

Bruno Le Maire. - NIKLAS HALLE'N / AFP

La commissaire européenne au Commerce a répondu ce jeudi soir à Donald Trump. Après que Donald Trump a officialisé l'entrée en vigueur prochaine de taxes à l'importation sur l'acier et l'aluminium, elle a estimé que l'Union européenne devrait en être exemptée.

La communauté internationale n'a pas tardé à réagir à la décision de Donald Trump ce jeudi de taxer à l'importation l'acier et l'aluminium étrangers. Bruno Le Maire, dans la soirée, a fait part de la position française sur Twitter: "La France regrette les annonces de Donald Trump sur les tarifs sur l’aluminium et l’acier. Une guerre commerciale ne fera que des perdants. Avec nos partenaires européens, nous allons évaluer les conséquences sur nos industries et les réponses à apporter", a écrit le ministre de l'Economie et des Finances. 

L'UE pense devoir être "exemptée" 

La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malström, a estimé jeudi soir "que l'UE devrait être exemptée" des taxes douanières sur les importations d'acier et d'aluminium aux Etats-Unis imposées par Donald Trump. "L'UE est un allié proche des Etats-Unis et nous continuons de penser que l'UE devrait être exemptée de ces mesures", a-t-elle tweeté en réaction aux annonces du président américain. "Je vais demander plus de clarté sur cette question dans les jours à venir", a-t-elle ajouté.

Donald Trump a signé jeudi soir deux documents imposant dans 15 jours des taxes de 25% sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium, ignorant les mises en gardes répétées de nombre de ses alliés, Union européenne en tête. Le Canada, premier partenaire commercial et premier fournisseur d'acier des Etats-Unis, en sera cependant exempté "pour le moment", de même que le Mexique. Et la Maison Blanche a précisé que tous les pays concernés pourraient entamer des discussions avec les Etats-Unis pour négocier, eux aussi, une éventuelle exemption. "Je suis impatient de rencontrer (le représentant au Commerce des Etats-Unis Robert) Lighthizer samedi à Bruxelles pour discuter", a d'ailleurs souligné Cecilia Malmström dans son tweet.

Robert Lighthizer, ainsi que le ministre japonais de l'Economie Hiroshige Seko sont attendus samedi dans la capitale belge pour une réunion à la Commission européenne prévue de longue date dans le cadre des rencontres tripartites organisées depuis décembre 2017. La réunion sera "une bonne occasion d'avoir un dialogue franc et ouvert sur les mesures que compte prendre l'Union européenne au cas où les Etats-Unis adoptent les mesures annoncées", avait-on précisé à la Commission avant les annonces de Donald Trump.

Des contre-mesures envisagées

Cecilia Malmström avait présenté mercredi lors d'une conférence de presse ces contre-mesures. La première consiste à mettre en place des taxes sur une liste de produits américains emblématiques, comme les jeans ou le beurre de cacahuète, afin de compenser en valeur la perte pour l'industrie européenne et d'envoyer un message politique à Donald Trump.

Les Européens pourraient aussi instaurer des mesures dites "de sauvegarde" pour protéger les secteurs de l'acier et de l'aluminium des flux étrangers qui ne trouveraient plus de débouchés sur le marché américain à cause des nouveaux droits de douane. L'UE envisage, enfin, de déposer une plainte devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC), peut-être avec les autres pays concernés.

R.V. avec AFP