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Pour Biden, il est temps que les 1% d'Américains les plus riches payent "leur juste part"

Le président américain Joe Biden (c) s'adresse au Congrès, à Washington, le 28 avril 2021

Le président américain Joe Biden (c) s'adresse au Congrès, à Washington, le 28 avril 2021 - Chip Somodevilla © 2019 AFP

Joe Biden s'est exprimé pour la première fois devant le Congrès. Il a présenté un plan pour regénérer la classe moyenne, payé en partie par les plus riches, qui verront leurs impôts augmenter.

Le président américain Joe Biden s'est exprimé mercredi pour la première fois devant le Congrès. Lors de son discours, il a notamment appelé à augmenter les contributions fiscales des entreprises et des Américains les plus riches, pour financer son plan d'aide aux familles, sans augmenter le déficit.

"Il est temps que les entreprises américaines et que les 1% d'Américains les plus riches commencent à payer leur juste part", a lancé le démocrate.

Pour doper la compétitivité de l'Amérique et régénérer sa classe moyenne, le président américain Joe Biden a mis sur la table mercredi un nouveau plan de dépenses massives d'aides à la famille et à l'éducation, qui serait financé en faisant payer aux riches "leur juste part".

Ce "projet pour les familles américaines" représente des investissements de 1800 milliards de dollars sur 10 ans. Il vient s'ajouter au plan d'infrastructures de 2000 milliards de dollars, déjà promu par le président démocrate et encore loin d'être avalisé par le Congrès.

Il fait aussi suite aux mesures de soutien face à l'épidémie de Covid-19 qui, fortes de 1900 milliards de dollars, ont déjà permis la distribution de chèques de 1400 dollars aux familles américaines.

"Nous sommes en concurrence avec la Chine et d'autres pays pour gagner le 21e siècle. Nous devons faire plus que reconstruire, il faut reconstruire mieux", a lancé Joe Biden lors de sa première allocution devant le Congrès, appelant à "acheter américain".

"Pour gagner cette compétition, nous devons faire les investissements d'une génération dans nos familles", a poursuivi le président.

Taxer les plus riches rapporterait 700 milliards de dollars sur dix ans

Selon la proposition de Joe Biden, le taux maximal d'imposition individuel remonterait à 39,6% au lieu de 37% mais ne concernerait que le 1% des foyers les plus riches.

De même pour les plus-values sur les capitaux, comme les transactions boursières, qui jouissent jusqu'ici d'un taux d'imposition de 20%: elles pourraient désormais être taxées à hauteur de 39,6% également, pour ceux qui gagnent plus d'un million de dollars par an. Ces Américains les plus riches ne représentent que 0,3% des foyers fiscaux, affirme l'administration Biden.

Ces mesures sont censées générer des financements de 700 milliards de dollars sur dix ans, a précisé le Trésor américain.

Traquer ceux qui veulent échapper au fisc

Le plan prévoit aussi de moderniser les services du fisc (IRS) avec des investissements de 80 milliards de dollars à la clé alors que le Trésor a pointé du doigt le 1% des plus riches qui omet de déclarer au fisc quelque 20% de leurs revenus. Cela représente un manque à gagner dans les recettes d'impôts de 175 milliards de dollars, selon l'administration.

"Les critiques s'inquiètent qu'en augmentant les taxes sur les gains financiers, on diminue les rendements des investisseurs et fasse tomber le prix des actions, mais les investisseurs individuels ne détiennent en fait qu'un tiers des actions" sur le marché, soulignait l'institut d'études Tax Policy Center.

Le plan entend mettre le paquet sur l'éducation, de la maternelle à l'université. Il offrirait la gratuité pour les deux premières années d'école maternelle et aussi pour deux années d'études en universités communautaires, l'équivalent d'instituts universitaires de technologie.

Selon l'administration, scolariser dès la maternelle rapporte, à terme en contribution au PIB du pays, trois fois plus que ce que cela coûte. Des crédits d'impôts pour les familles avec enfants, seraient relevés et le coût des gardes d'enfants subventionné, selon ses revenus.

Cette débauche de dépenses suscite l'opposition des Républicains, mais pas que. Le Committee for a Responsible, une organisation centriste, appelle à ne "pas perdre de vue les perspectives d'endettement élevé et croissant du pays", alors que la dette publique des Etats-Unis égale déjà le PIB du pays.

Pour le centre d'études conservateur Heritage Foundation, les soutiens financiers envisagés par le gouvernement apparaissent comme une ingérence: "les familles américaines feraient bien mieux de garder leurs revenus pour les dépenser sur ce qu'elles savent être le mieux pour elles, plutôt que de laisser le gouvernement prendre leur argent et le redistribuer via des avantages décidés par des hommes politiques", a indiqué une porte-parole.

P.D. avec AFP