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Pekin édicte des règles pour éviter que ses entreprises ne provoquent une crise mondiale

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Pékin a édité un code de bonne conduite pour les entreprises privées chinoises qui investissent à l'étranger. Le gouvernement craint qu'en cas de non-respect, elles soient à l'origine d'une crise financière mondiale.

La Chine s'est dotée d'un code de bonne conduite pour les entreprises privées chinoises investissant à l'étranger et en élabore un autre pour les groupes publics afin d'éviter les acquisitions risquées pouvant représenter une menace pour la stabilité financière du pays, a rapporté mardi le China Daily.

Cette démarche s'inscrit dans la politique menée depuis l'an dernier par les autorités chinoises pour juguler la vague massive d'investissements à l'étranger qui s'accompagne de craintes de fuites de capitaux et d'accélération dangereuse du niveau de l'endettement en Chine pouvant déclencher une crise financière mondiale.

Limiter les investissements risqués

Le guide, publié lundi par la Commission nationale pour le développement et la réforme (NDRC), contient peu de règles strictes mais propose une série de recommandations générales sur les opérations à l'étranger.

Il évoque notamment le fait d'éviter des transactions à effet de levier très élevé, de demeurer dans le cadre des contraintes financières de l'entreprise et de ses compétences de base, de respecter des lois du pays où se trouve la société ciblée, de se montrer responsables en matières sociale et environnementale.

Un code similaire est en préparation pour les groupes étatiques ainsi qu'une liste noire d'entreprises transgressant ces règles. Ce code et cette liste "deviendront les instruments politiques majeurs pour limiter les investissements risqués", selon un responsable de la NDRC cité, sans être identifié, par le China Daily.

Des irrégularités détectées

Ces mesures viennent compléter des recommandations publiées en août visant à restreindre les investissements dans certains secteurs comme l'immobilier, le sport et le divertissement, a ajouté cette même source.

En parallèle, la NDRC a également diffusé lundi un communiqué évoquant des entreprises ayant enregistré des "irrégularités dans ces investissements à l'étranger" mais sans nommer de groupes en particulier.

"Certaines entreprises ne suivent pas les procédures nationales et étrangères d'audit et réalisent des investissements illégaux", relève le communiqué, évoquant dans certains cas "des décisions à l'aveuglette" qui causent "d'énormes pertes économiques".

Investissements de plus de 10 milliards de dollars interdits

En novembre 2016, Pékin avait décidé de restreindre drastiquement les acquisitions réalisées par les entreprises publiques à l'étranger. Les autorités avaient interdit la plupart des investissements de plus de 10 milliards de dollars, mais également toute acquisition supérieure à 1 milliard de dollars qui sortirait des "activités fondamentales" du groupe chinois concerné, ainsi que tout investissement immobilier de plus de 1 milliard de dollars hors de Chine.

Quelques mois après, les régulateurs chinois ont ouvert des enquêtes sur les prêts contractés par des conglomérats privés comme HNA (aéronautique, tourisme, hôtels), Fosun (tourisme, divertissement), Wanda (immobilier, cinéma, parcs d'attraction) et Anbang (assurance, hôtellerie) - dotés d'empires internationaux diversifiés. Selon des chiffres de la société Dealogic, ils ont à eux quatre réalisé pour quelque 83 milliards de dollars de fusions-acquisitions à l'étranger depuis 2013.

N.G. avec AFP