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Paradis fiscaux: David Cameron teste sa crédibilité avant le G8

David Cameron a fait de la lutte contre l'évasion fiscale la priorité du prochain G8.

David Cameron a fait de la lutte contre l'évasion fiscale la priorité du prochain G8. - -

Le Premier ministre britannique peut-il placer le prochain G8 sous le signe de la lutte contre l’évasion fiscale en ignorant les paradis fiscaux dépendant de la Couronne? C’est tout l’enjeu de la rencontre qu’il tient ce 15 juin avec les territoires britanniques d’outre-mer.

David Cameron veut "mettre de l’ordre dans ses maisons". C’est ce qu’il a écrit fin mai aux dirigeants de dix territoires d’outre-mer ou dépendant de la Couronne britannique, réputés être des paradis fiscaux.

Le Premier ministre conservateur doit rencontrer, ce samedi 15 juin, les dirigeants de ces îles. Son ambition : leur faire signer une convention de l’OCDE qui les forcerait à mettre en place l’échange automatique d’informations. Un premier pas contre l’évasion fiscale et un moyen de balayer devant sa porte avant d’aborder le sujet avec ses collègues du G8 en Irlande du Nord, les 17 et 18 juin.

Résistance déclarée

Le but avoué de Cameron : en finir avec le secret bancaire sur les îles, et mettre en place un registre des propriétaires bénéficiaires des comptes et sociétés offshores. Une transparence qui est loin de faire l’unanimité parmi les territoires d’outre-mer et dépendant de la couronne.

Le gouverneur des Bermudes a d’ores et déjà annoncé qu’il ne signerait pas la convention. L’archipel refuse de se voir traité comme un paradis fiscal, même s’il est régulièrement accusé de faciliter l’évasion des grands groupes internationaux.

Ce refus pourrait ouvrir une brèche dans la ligne tenue par David Cameron, alors que les îles Caïman se disent prêtes à adopter la convention. Négociation compliquée en perspective : le Royaume-Uni n’a pas de pouvoir contraignant sur ces territoires, qui ont continué de reconnaître la reine après avoir pris leur autonomie.

Un levier pour le G8 ?

Les accusations de néo-colonialisme fusent de la part de certaines îles. Elles s’estiment déjà en pointe car certaines partagent leurs informations avec quelques pays grâce à des accords bilatéraux. Mais se conformer aux normes de l’OCDE les obligerait à élargir ce système à une cinquantaine de pays.

La partie qui se joue ce 15 juin dépasse le simple cadre de ces petits bouts de terre. Les paradis fiscaux de loi anglo-saxonne sont souvent cités en exemple par l’Autriche ou le Luxembourg pour éviter de mettre un terme à leur secret bancaire. Si David Cameron n’arrive pas à mettre au pas de simples gouverneurs, sa crédibilité auprès des chefs d’Etat s’en trouvera affaibli la semaine prochaine.

Romain Fonsegrives