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Où s'installent les retraités en quête de soleil?

Des retraitées sur la place principale de Cordoue, en Espagne.

Des retraitées sur la place principale de Cordoue, en Espagne. - Michael Cohen - Flickr - CC

Selon les chiffres de la Caisse nationale d'assurance vieillesse et du ministère  des Affaires étrangères, les retraités français sont de plus en plus nombreux à percevoir leur pension depuis l'étranger.

Les retraités français réalisent de plus en plus leur rêve de se la couler douce au soleil. Plus d'un million de retraités percevant une pension française, soit près d'un retraité sur dix, passent leurs vieux jours à l'étranger, pour la moitié en Europe, et pour 44% en Afrique.

Au 31 décembre 2013, 1,27 million de retraités du régime général percevant une retraite personnelle, une pension de réversion ou les deux à la fois, résidaient à l'étranger, dans 180 pays différents. Cela représente 9,4% des 13,5 millions de retraités à cette date, toutes nationalités confondues, selon des chiffres de la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav), donnés ce 30 mars.

D'autres données émanant du ministère des Affaires étrangères font état de 225.000 retraités français expatriés en 2013, tous régimes de sécurité sociale confondus. Leur nombre a augmenté encore pour dépasser les 251.223 en 2014, soit 14% des expatriés français.

Les pays du sud de l'Europe et du Maghreb en tête

L'Algérie reste le premier pays d'accueil avec près de 440.000 retraités. Suivent l'Espagne (191.159), le Portugal (près de 178.000) et l'Italie (91.300) qui constituent le trio de tête des pays de l'Union européenne les plus plébiscités par les retraités du régime général.

Dans les 15 principaux pays de résidence figurent aussi le Maroc et la Tunisie, la Suisse, la Turquie, mais aussi les Etats-Unis (près de 15.000), la Serbie (11.600) ou encore Israël (6.700). Des destinations éloignées comme l'Asie (Thaïlande, Vietnam, Cambodge) attirent également de plus en plus de retraités tentés par un coût de la vie inférieur à la France et des conditions climatiques favorables. La région Ile-de-France arrive en tête des régions françaises qui exportent des pensions de vieillesse.

Ceux qui rentrent au pays, et ceux qui cherchent le soleil

Plusieurs profils se dégagent: les retraités qui regagnent leur pays d'origine, ceux qui recherchent un cadre de vie agréable ou encore ceux qui compensent la perte de leur pouvoir d'achat. Il peut aussi s'agir de jeunes seniors toujours actifs, qui souhaitent donner un nouveau souffle à leur carrière professionnelle, expliquent les organisateurs (dont la Cnav) du salon de l'expatriation qui vient de se tenir à Paris.

Globalement, ces retraités résidant à l'étranger sont légèrement plus âgés que ceux restant en France, à 75 ans en moyenne contre 73 dans l'Hexagone. La Cnav explique cette différence notamment par un âge de départ en retraite plus élevé (63 ans) que ceux domiciliés en France (62 ans).

Ces retraités à l'étranger touchent en moyenne une retraite de base de 221 euros par mois, contre 621 euros pour ceux restés en France. Ce faible montant s'explique par la seule prise en compte de la carrière réalisée en France et au régime général, souligne la Cnav. Ces assurés peuvent éventuellement bénéficier d'une pension d'un autre régime notamment pour une carrière relevant d'un régime étranger. Il faut ajouter la part des retraites complémentaires (en moyenne un tiers de la retraite globale d'un salarié, près de deux tiers pour les cadres).

Bien préparer son départ

Pour faire le grand saut, il faut bien préparer son départ. Par exemple, se renseigner sur les prestations valables à l'étranger. Si le versement de la retraite et de la pension de réversion sont "exportables", l'allocation de solidarité aux personnes âgées (ex minimum vieillesse) ne l'est pas. Il faut bien sûr transmettre sa nouvelle adresse à sa caisse régionale. Le retraité expatrié doit aussi signaler tout changement de coordonnées bancaires.

Chaque année, il devra aussi fournir à sa caisse de retraite un "justificatif d'existence" afin que sa pension lui soit payée, quel que soit le pays étranger de résidence. Les prélèvements sociaux sont aussi différents: plus de CSG ni de CRDS, mais une cotisation d'assurance maladie de 3,2% sur la pension de base qui permet aux retraités résidant en Europe (UE, EEE, Suisse) de revenir en France se faire soigner. 

N.G. avec AFP