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Mistral: Valls refuse que "quiconque dicte sa conduite à la France"

Pour Manuel Valls les conditions ne sont toujours pas réunies pour livrer le premier navire Mistral à la Russie

Pour Manuel Valls les conditions ne sont toujours pas réunies pour livrer le premier navire Mistral à la Russie - Jacques Demarthon - AFP

Le Premier ministre a réagi à l'ultimatum fixé par Moscou à Paris concernant la livraison de deux navires de guerre Mistral, ce 14 novembre. Il a estimé que la France n'avait pas à recevoir d'injonction.

Pour Manuel Valls, Moscou n'a pas à faire pression sur Paris dans l'épineux dossier du Mistral.

"J'ai déjà eu l'occasion de dire qu'à ce stade, aujourd'hui, les conditions n'étaient pas réunies pour la livraison du Mistral", a d'abord déclaré le chef du gouvernement, ce vendredi 14 novembre en marge d'un déplacement à Auxerre.

Manuel Valls a ensuite réagi aux informations rapportées par l'agence de presse russe Ria Novosti. Une source russe "haut placée", citée par cette agence, a ainsi déclaré que la France avait jusqu'à fin novembre pour livrer le premier navire de guerre Mistral. Faute de quoi elle s'exposerait à de "sérieuses" demandes de compensation.

"La France honore ses engagements, mais la France est une nation qui compte, qui pèse dans le concert des nations et qui exige la paix en Ukraine. Et qui prend ses décisions de manière souveraine, sans que quiconque ne lui dicte sa conduite de l'extérieur", a répliqué Manuel Valls.

"On meurt tous les jours en Ukraine"

"Ce qui est essentiel, et François Hollande va l'évoquer aussi avec plusieurs chefs d'Etat et de gouvernement pendant le G20, c'est qu'on retrouve le chemin de la paix entre l'Ukraine et la Russie", a-t-il ajouté.

"Nous en sommes malheureusement loin. Les tensions encore ces derniers jours, ces dernières semaines, sont là pour malheureusement le démontrer. Il y a la guerre, il y a des morts. On meurt tous les jours en Ukraine, à Donetsk", a déploré Manuel Valls. "Et tout doit être fait pour la paix. Chacun doit y prendre sa part", a-t-il ajouté.

Un enjeu d'1,2 milliard d'euros

Les navires Mistral, bâtiments de projection et de commandement (BPC), sont des navires de guerre polyvalents pouvant transporter des hélicoptères et des chars, ou accueillir un état-major embarqué.

Leur vente à la Russie avait été conclue en juin 2011 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, pour près de 1,2 milliard d'euros. François Hollande souhaite que le cessez-le-feu soit "entièrement respecté" en Ukraine avant que Paris ne livre ce premier bâtiment à la Russie.

A l'origine, Moscou pensait recevoir le Mistral en octobre. Mais l'escalade russe en Ukraine a forcé Paris à repousser cette livraison. Les Russes pensaient encore recevoir ce premier bâtiment ce vendredi. Le vice-Premier ministre, Dmitry Rogozine, chargé du complexe militaro-industriel russe, avait ainsi annoncé, le 29 octobre, qu'un premier porte-hélicoptères Mistral devrait être livré par la France le 14 novembre. Mais le ministre des Finances, Michel Sapin, avait alors réagi en assurant que les conditions n'étaient pas réunies pour que cette livraison ait lieu.

J.M. avec AFP