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Les parents français dépensent moins que les Egyptiens ou les Indonésiens pour l'éducation

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Selon une étude de HSBC réalisée dans 15 pays, les parents français seraient les moins dépensiers pour éduquer leurs enfants, et de loin. Ce qui s'explique notamment par l'importance de l'école publique en France.

C'est une étude pour le moins surprenante. HSBC a interrogé des parents dans 15 pays du monde* pour savoir quel était le montant de leurs dépenses d'éducation. Et ce sont les Français qui arrivent en dernière position de ce classement. Les parents français dépensent en moyenne 16.708 dollars (environ 15.000 euros) par enfant. Ces dépenses comprennent les frais de scolarité (de la maternelle à Bac +3), les fournitures, le transport, le logement, les voyages scolaires, etc.

Le montant des dépenses effectuées paraît très faible pour la France puisqu'il représente 833 euros par an en moyenne sur 18 ans. Ce que confirme la comparaison internationale. Selon HSBC, la France se classe donc derrière l'Egypte, l'Inde, la Grande-Bretagne, la Chine, les États-Unis et Hong Kong où, avec 132.161 dollars, on consacre la somme la plus importante à l'éducation des enfants. La France est même trois fois moins dépensière que la moyenne de ces pays, qui est de 44.221 dollars.

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La France, dont le PIB par habitant est plus de 10 fois supérieur à celui de l'Egypte par exemple, a des dépenses d'éducation moindres? Selon HSBC, cela s'explique par la forte présence de l'école publique dans l'éducation en France. Les parents français décident très majoritairement (81%) d’inscrire leurs enfants dans l’enseignement public, soit près du double par rapport à la moyenne globale de l’étude (46% pour la moyenne mondiale). Par ailleurs, les parents français sont moins enclins à envoyer leurs enfants étudier à l'étranger (22% contre 41% pour la moyenne globale) ce qui diminue de fait les dépenses. 

Les Français sont ceux qui pensent faire les plus gros sacrifices

Par ailleurs les Français ont beaucoup moins recours aux cours de soutien privés. Seuls 32% disent y avoir recours (et même 20% chez les jeunes parents) alors que la moyenne dans les autres pays est de 63%. Une pratique particulièrement développée dans les pays asiatiques puisque 91% des Indonésiens et même 93% des Chinois disent y avoir recours.

Bien qu'étant les moins dépensiers, les Français sont ceux qui considèrent faire les plus gros sacrifices pour les études de leurs enfants. Ils sont 92% à estimer consentir de gros sacrifices pour la réussite de leurs enfants contre 82% pour la moyenne dans les autres pays. Cet écart peut s'expliquer par le mode de financement des études. 74% des parents interrogés disent financer l'éducation en prenant sur leurs revenus quotidiens alors que seulement 19% ont recours à l'épargne ou à l'assurance. À l'étranger, le recours à l'emprunt est beaucoup plus fréquent puisque le taux grimpe à 36%. 

Des parents français moins dépensiers mais aussi beaucoup plus pessimistes que leurs homologues étrangers. Seuls 44% d'entre eux ont confiance dans la capacité de leurs enfants pour obtenir de bonnes notes (62% pour la moyenne des autres pays). Idem pour l'avenir professionnel. 42% des parents français seulement pensent qu’ils auront un avenir brillant (contre 75% dans la moyenne globale) et 36% seulement pensent qu’ils occuperont un très bon emploi (contre 68 % dans la moyenne globale).

*Le rapport Value of Education, “Higher and Higher” (De plus en plus haut) est la quatrième édition d’une étude mondiale réalisée par HSBC auprès de 8481 parents ayant au moins un enfant de moins de 23 ans, dans 15 pays différents (Australie, Canada, Chine, Egypte, Emirats Arabes Unis, Etats Unis, France, Hong Kong, Inde, Indonésie, Malaisie, Mexique, Singapour, Taiwan, Royaume Uni).
Plus de 500 parents (incluant 150 ayant un enfant à l’université) ont été entendus par pays. La recherche a été conduite en partenariat avec l’institut Ipsos MORI en février 2017.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco