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Les inégalités se creusent dans le monde en 2013

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L’ONG Oxfam vient de publier un rapport sur l’évolution des inégalités dans le monde: les inégalités se creusent et le nombre de chômeurs dans le monde a dépassé pour la 1ere fois les 200 millions.

Manifestement la croissance n’est pas la panacée puisque dans le monde cela se traduit par plus d’inégalités. Le creusement des inégalités qui est incontestable sur le plan statistique doit être interprété avec prudence.

Ce qui se passe au niveau mondial, c’est d’abord un gigantesque exode rural. Ce qui a commencé au XVIIIe siècle en Angleterre- le départ des paysans vers les villes et leurs usines- s’étend en ce moment à l’Asie et à certains pays d’Afrique. Sur les dix dernières années, la croissance a été la plus forte en Afrique. Mais le rythme auquel les paysans quittent leur terre est tellement rapide que beaucoup deviennent des chômeurs. Il y a donc simultanément augmentation du nombre de salariés, de la production industrielle et du chômage.

Ensuite, il y a un effet d’optique. Prenons la comparaison entre la Chine et le Japon. Le revenu moyen des Japonais est 10 fois celui des Chinois. En 2013, le revenu des Japonais a augmenté de 2% et celui des Chinois de 7,5%. C’est-à-dire que si un Chinois avait 100 en 2012, le Japonais avait 1000. En 2013 le Japonais aura 20 de plus et le Chinois 7,5. Les inégalités se creusent mais objectivement la situation du Chinois s’est améliorée.

Enfin, ce que mesure Oxfam, ce sont les inégalités de revenu. Mais sur d’autre plan, comme l’espérance de vie et l’accès à la santé, ou l’accès à l’éducation, les inégalités se réduisent. Il est difficile en outre de mesurer la réalité du revenu des paysans dans la mesure où ils consomment essentiellement directement ce qu’ils produisent sans percevoir de revenu

Tout va bien en fait !

Pas tout à fait. Ce que souligne Oxfam, c’est que la croissance repose sur un certain égoïsme des populations. La conséquence qui est mise en lumière est un développement de la fraude fiscale. Celle-ci souligne qu’il y a un excès de prélèvement dans beaucoup de pays et qu’une partie de la croissance est détournée par le développement des bureaucraties. Mais cela souligne aussi un refus inquiétant de la solidarité sociale.

Les Etats doivent réfléchir à comment utiliser au mieux la croissance pour relégitimer la dépense publique. Il faut moins chercher à réduire les inégalités en confisquant les gains des nouveaux riches mais faire bénéficier les pauvres de la nouvelle croissance en agissant sur ce que l’on appelle l’égalité des chances.

La rédaction