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Le G20 dominé par la guerre des devises

Les pays du G20 devraient également rechercher des pistes pour favoriser la croissance

Les pays du G20 devraient également rechercher des pistes pour favoriser la croissance - -

Le G20 se réunit à Moscou, ce vendredi 15 et samedi 16 février. L’agenda des ministres des finances et des banquiers centraux des vingt grandes puissances économiques devrait être dominé par les inquiétudes liées aux marchés des changes.

Personne ne l’a officiellement déclaré mais tout le monde l’a en tête. La fameuse "guerre des devises" devrait prédominer les discussions lors de la réunion du G20, ces vendredi 15 et 16 janvier. Décryptage des enjeux.

> Pourquoi la guerre des monnaies sera discutée?

Plusieurs pays sont actuellement soupçonnés de prendre des mesures destinées à soutenir la faiblesse de leur monnaie nationale sur le marché des changes, et faciliter ainsi leurs exportations. Le Japon est clairement dans la ligne de mire depuis que son Premier ministre, Shinzo Abe, a demandé à la Banque du Japon de revoir son objectif d’inflation à la hausse et de procéder à des rachats d’actifs tendant à affaiblir le yen.

Le G7 a publié un communiqué, le 12 février, dans lequel il exprime indirectement sa volonté de prendre des actions pour freiner la baisse du yen, sans faire explicitement référence à la monnaie nippone. Fin janvier Angela Merkel, à Davos, s’était, elle, déclarée "préoccupée" par la baisse du yen. Les Etats-Unis, et la politique monétaire très accommodante de leur banque centrale, la Réserve fédérale (Fed), suscite également les inquiétudes, notamment des pays émergents, comme le Brésil.

> Faut-il s’attendre à des décisions fortes ?

A priori non. Le vice-ministre russe des Finances a déclaré, ce vendredi matin, qu’"il n'y aura pas de mention spécifique du Japon, nous sommes tous sur le même bateau". Toutefois, il a indiqué que les négociations sur les termes du communiqué final du G20 sont "difficiles". On devine aisément que les discussions sont âpres à Moscou.

Hier jeudi, le FMI, via son porte-parole Gerry Rice, avait invité les membres du G20 au calme. Les "discussions sur une soi-disant guerre des monnaies semblaient exagérées" affirmait-il.

Les pays du G20 devraient surtout réaffirmer leur attachement à une politique de change fixée par les marchés en assurant vouloir éviter "les dévaluations compétitives". C'est à dire reprendre les points les plus consensuels du communiqué du G7.

> Quel est l’autre thème à l’agenda?

La Russie a voulu s’assigner comme principale tâche de lancer, d’ici le sommet de Saint-Pétersbourg, qui aura lieu les 5 et 6 septembre, un "nouveau cycle de croissance". Celui-ci doit passer par des leviers comme l’investissement, la transparence ou encore "une véritable régulation".

Ce qui semble compliqué. Si certains pays, comme les Etats-Unis , réussissent encore à trouver le chemin de la croissance, ce n’est pas le cas de l’Europe. Publié jeudi, le PIB de la zone euro l’a démontré un peu plus : au quatrième trimestre, il a reculé de 0,6%.

En revanche, la crise de la dette dans la zone euro, sujet qui dominait les esprits en 2012, n’est plus à l’ordre du jour.

Le titre de l'encadré ici

|||Le G20 : 85% de l'économie mondiale

Le G20, qui tend à rapprocher les politiques économiques des pays développés de celles des pays émergents, se tient une fois par an. Son objectif est bien de prendre des décisions économiques au niveau mondial qui ont suffisamment de répercussions. Les membres de ce club représentent 85% de l’économie mondiale et les 2/3 de la population.

Ses membres sont : Afrique du Sud, Allemagne, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada,Chine,Corée du Sud, Etats-Unis,France, Inde, Indonésie, Italie,Japon,Mexique,Royaume-Uni, Russie, Turquie, et l'Union européenne.

Julien Marion