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La croissance mondiale, pas assez dynamique pour réduire les inégalités

"Nous avons besoin d'une mondialisation qui inclut tout le monde", estime l'OCDE ce mercredi.

"Nous avons besoin d'une mondialisation qui inclut tout le monde", estime l'OCDE ce mercredi. - MTSOfan - Flickr - CC

L'OCDE annonce une amélioration de prévision de croissance sur le globe pour 2017, mais regrette que son niveau soit encore insuffisant pour réduire les inégalités de revenus entre les populations.

La légère amélioration de la croissance mondiale prévue cette année demeure insuffisante pour réduire les "inégalités persistantes", a prévenu mercredi l'OCDE qui appelle les États à lancer des réformes pour y remédier. "Nous avons besoin d'une mondialisation qui inclut tout le monde, qui soit fondée sur des règles et au service de tous, qui soit axée sur le bien-être des populations", a affirmé le secrétaire général Angel Gurria lors de la présentation des perspectives économiques de l'organisation basée à Paris.

L'organisation internationale a relevé de 3,3% à 3,5% ses prévisions pour la croissance mondiale cette année, par rapport à sa dernière publication en février, se félicitant de la reprise du commerce mondial l'année dernière, même s'il reste à des niveaux inférieurs à ceux de la crise. Elle a maintenu sans changement la prévision de croissance pour 2018 à 3,6%. "Cette amélioration cyclique, qui demeure modeste, n'est toujours pas assez robuste pour permettre une amélioration durable de la croissance ou pour réduire les inégalités persistantes", a estimé Catherine Mann, la cheffe économiste de l'OCDE.

Prévision abaissée pour les USA

"Les responsables de l'action publique doivent se garder de tout excès d'optimisme", a-t-elle ajouté, préconisant "une approche intégrée pour mettre la mondialisation au service de tous", afin de réduire les inégalités. "Des choix plus judicieux en matière de politique budgétaire, de politiques structurelles et d'action internationale amélioreront non seulement le bien-être des citoyens de leur pays, mais auront en outre des effets d'entraînement positifs sur la population des autres économies", a-t-elle insisté.

Le Premier ministre danois, Lars Rasmussen, qui préside cette année la réunion ministérielle de l'OCDE, a également lancé un appel pour que les États prennent en compte les victimes de la mondialisation. "Nous devons nous rendre compte que les défis de la mondialisation ont besoin d'une réponse à l'échelon national, non pas pour faire du protectionnisme, mais pour effectuer des réformes", a-t-il affirmé, plaidant notamment pour une meilleure formation professionnelle. "Il faut lancer des initiatives pour créer des emplois plutôt que de les préserver", a estimé Lars Rasmussen, qui a rappelé que "les entreprises au Danemark peuvent facilement embaucher et licencier des salariés", ce qui permet, à ses yeux, une meilleure adaptation aux besoins de l'économie.

Dans ses perspectives économiques, l'OCDE constate qu'une "intégration commerciale plus poussée fondée sur les chaînes de valeur mondiale a renforcé la productivité et le bien-être", mais qu'elle s'est également "traduite par des pertes d'emplois, en particulier dans le secteur manufacturier". Dans ses prévisions par pays, l'OCDE a amputé ses prévisions pour les États-Unis de 0,3 point en les abaissant de 2,4% à 2,1% pour cette année, après "un faible premier trimestre" de la première économie mondiale.

Le fossé entre l'Allemagne et la France se creuse

En zone euro, la croissance devrait atteindre 1,8%, soit 0,2 point de plus qu'en février, soutenue par l'Allemagne qui assume son rôle de locomotive de l'économie européenne avec une croissance qui devrait atteindre les 2% cette année, soit 0,2 point de plus qu'en février, et se maintenir à ce même niveau l'an prochain.

Le fossé entre l'Allemagne et la France se creuse: l'OCDE a encore abaissé ses prévisions pour l'Hexagone à 1,3% cette année (-0,1 point) et table sur une légère reprise l'année prochaine à 1,5%, mais elle n'a pas encore tenu compte de la victoire d'Emmanuel Macron à la présidentielle. Pour la Chine, l'OCDE relève ses prévisions de 0,1 point à 6,6% cette année (6,4% en 2018), alors que l'Inde devrait croître à un rythme toujours élevé de 7,3% (+0,1 point) cette année et atteindre 7,7% l'an prochain. Pour le Brésil, elle confirme la sortie de la récession cette année pour le géant sud-américain et table sur une croissance de 0,7% cette année et de 1,6% en 2018, contre 0,3% et 1,2% auparavant.

N.G. avec AFP