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L'élection présidentielle ne fait pas les affaires de Donald Trump

Le candidat républicain Donald Trump

Le candidat républicain Donald Trump - CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA - AFP

Prix revus à la baisse dans ses hôtels de luxe, terrains de golf boycottés, pétitions pour faire disparaître la marque Trump... Les affaires du milliardaire souffrent de sa candidature à l'élection présidentielle.

Donald Trump est à la tête d'un véritable empire financier que le candidat à la présidentielle américaine a brandi comme principal argument électoral. Au travers de son conglomérat The Trump Organization, le milliardaire possède notamment des terrains de golf, des hôtels de luxe, des immeubles de bureaux, des tours résidentielles ou encore des villas. Mais toute l'énergie qu'il a consacrée à sa très controversée campagne, depuis près d'un an et demi, pourrait s'être retournée contre lui. En témoigne la fréquentation du Trump International Hotel à Washington, dernier-né de sa collection de palaces, qui peine à séduire.

Résultat, cet hôtel cinq étoiles avec vue sur la Maison Blanche a été contraint de revoir ses tarifs à la baisse, alors que l'activité bat son plein et que ses concurrents affichent complet. Le mois dernier, une chambre de luxe dont le prix de base dépasse les 800 dollars se négociait autour de 450 dollars (410 euros) sur la plateforme Hotel.com, rapporte le Herald Tribune. "Et c'était pourtant à l'époque où le Fonds monétaire international tenait sa conférence", ajoute le quotidien.

"Les gens ont peur qu'on leur demande pourquoi ils ont choisi cet endroit", explique aux Échos l'agence de voyage ADA Travel à Washington. "C'est dommage qu'il s'appelle Trump parce que c'est un endroit magnifique. Mais sa marque l'abîme". De leur côté, les organisateurs d'événements disent hésiter à réserver les hôtels pour des réceptions ou des conférences, précise le journal. Et malheureusement pour Trump, l'hôtellerie n'est pas le seul actif à connaître des revers.

La marque Trump dérange à New York

La fédération américaine de golf a pour sa part reçu des pressions pour ne pas organiser de tournois sur les 17 terrains que possède l'homme d'affaires aux États-Unis, en Écosse ou encore à Dubai. Même sa fille Ivanka qui vend des vêtements et de la maroquinerie fait l'objet d'un appel au boycott sur Twitter, expliquent Les Échos.

Mais c'est sans doute à New York, ville où Donald Trump a construit des dizaines de bâtiments, que les contestations sont les plus vives. Quelques habitants ont lancé une pétition sur internet pour faire enlever la marque Trump de la façade de l'un de ses immeubles, car elle ne correspond pas à leurs valeurs. "Chaque fois que j'y entre, j'ai le sentiment d'horreur", a déclaré sur BFMTV celle qui est à l'origine du mouvement. "Il y a une obligation contractuelle d'utiliser ce nom et nous verrons en temps voulu quelles suites donner à la pétition", a répondu le service communication de l'un des immeubles concernés. 

Quoi qu'il en soit, "le parcours politique de Donald Trump est très dommageable pour ses affaires", a confié à Fortune Scott Galloway, professeur de marketing à l'université de New York. Et cela commence à se ressentir dans les chiffres. Fin septembre, Forbes estimait la fortune de Trump à 3,7 milliards de dollars (3,3 milliards d'euros), soit 800 millions de moins qu'il y a un an. L'actif qui a le plus souffert? La Trump Tower (New York), dont la valeur nette a chuté de 159 millions entre 2015 et 2016.

Bien que visiblement affaibli, le business man n'a peut-être pas dit son dernier mot. Des rumeurs de presse font état de réflexions sur la création d'un "mini-conglomérat" qui compterait une chaîne de télévision, afin de monétiser la communauté qu'il a rassemblée autour de sa candidature.

Julien Mouret