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Jean-Claude Trichet juge "inquiétant" le manque de coordination du G20 sur le coronavirus

Invité sur BFM Business, Jean-Claude Trichet, ancien président de la banque Centrale Européenne (BCE), déplore un manque d'actions coordonnées au niveau du G20 pour pallier les effets du coronavirus.

Alors que l'épidémie de coronavirus constitue un problème mondial, l'ancien président de la BCE estime que les concertations internationales font encore clairement défaut. 

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Invité dans Good Morning Business ce lundi, Jean-Claude Trichet salue, certes, la mobilisation du G7 pour tenter de répondre à cette crise, mais regrette un manque de coordination du côté du G20.

"C'est très très important que les uns et les autres qui sont au cœur de la bataille puissent échanger leurs vues, échanger leurs diagnostics, même s'il n'y a pas de projets spectaculaires. (…) Mais ce qui est encore plus inquiétant de mon point de vue c'est qu'il n'y a pas de mobilisation du G20. Or, nous avons un problème mondial", explique-t-il. Lors de la grande crise de 2008-2009, "il y avait le G20, on avait mobilisé le G20 pour cela. Parce que c'était un problème mondial et qu'il fallait que tout le monde soit sur le pont".

Une "anomalie"

Et de poursuivre: "Donc je trouve étrange, dans un temps où ce sont les pays émergents d'Asie qui créent le problème, (…) que le G20 qui réunit toutes les économies systémiques du monde ne soit pas mobilisé. Je le prends – si vous voulez – comme une anomalie dans la situation présente parce que nous avons un problème évidemment mondial", analyse l'ancien président de la BCE.

Jean-Claude Trichet en a cependant la conviction. Le G20 devrait tôt ou tard commencer à se mobiliser bien qu'il concède qu'il devrait se contenter de dresser des diagnostics sans forcément prendre "des mesures spectaculaires".

Les banques centrales face au risque de liquidité

Comment doivent réagir les banques centrales? Sur ce point, l'ancien patron de la BCE estime que le plus important, c'est "qu'il y ait bien de la liquidité partout dans nos économies, qu'il y ait bien des crédits disponibles partout où c'est nécessaire et que c'est plus important encore (…) que le prix de l'argent".

Alors que la prochaine réunion de la BCE doit avoir lieu jeudi prochain sous la houlette de Christine Lagarde, l'ancien président de la BCE estime que cette dernière devra être "à la hauteur (…) des défis nouveaux qui sont posés. Nouveaux et imprévisibles. (…) Ceci étant dit, elle a beaucoup de possibilités me semble-t-il". Liquidités, recours aux fameux "long term refinancing operations" (LTRO) - qui sont des prêts accordés à long terme par la BCE - constituent, selon Jean-Claude Trichet, autant de leviers qui peuvent être activés.

JCH