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Guerre commerciale: quels pays souffrent le plus pour leurs exportations?

Les exportations chinoises et américaines reculent au deuxième trimestre selon l'OCDE.

Les exportations chinoises et américaines reculent au deuxième trimestre selon l'OCDE. - AFP

Globalement, la plupart des pays du G20 pâtissent de la guerre commerciale entre Pékin et Washington. Mais certains Etats sont beaucoup plus touchés que d'autres.

Ambiance morose dans les échanges mondiaux. Miné par la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis, impulsée à partir de mars 2018, le commerce international pousse la pédale de frein au deuxième trimestre. Pour les échanges de marchandises des pays du G20, poursuivant sur une trajectoire à la baisse depuis plusieurs mois, les exportations reculent de 2,9% sur un an (par rapport au deuxième trimestre 2018 donc) et les importations de 3%, selon le dernier rapport de l'OCDE sur le sujet publié ce jeudi. Le G20 regroupe les plus grosses économies de la planète, avancées et émergentes, et compte pour plus de 85% du PIB mondial.

Du côté des deux poids-lourds de la planète plane l'ombre de la guerre commerciale. Les exportations se contractent de 1,6% en Chine sur un an, "à leur plus bas niveau depuis le quatrième trimestre 2017" souligne l'OCDE, et de 2,9% sur un an aux États-Unis, qui n'avaient pas connu de tels niveaux d'exportations depuis le début de l'année 2018. Du côté des importations, elles sont en progression de 0,7% au deuxième trimestre sur un an aux Etats-Unis et en repli de 3,8% sur un an en Chine.

Entre le premier et le deuxième trimestre en revanche, l'évolution est un peu différente. Les importations sont en légère hausse au deuxième trimestre (par rapports aux trois premiers mois de l'année 2019 cette fois-ci) des deux côtés du Pacifique (+0.6% en Chine et +0.3% aux États-Unis), en raison de la reprise du commerce bilatéral entre les deux géants économiques.

Mauvaise passe pour l'Allemagne

"Cette reprise pourrait être due au stockage anticipé des mesures tarifaires appliquées par les États-Unis le 10 mai et mesures de rétorsion chinoises (mises en œuvre le 1er juin). Les exportations des États-Unis vers la Chine et leurs importations en provenance de la Chine ont augmenté de 2,7% et 0,2% respectivement au deuxième trimestre de 2019 (mais restent nettement inférieurs aux sommets atteints au troisième trimestre 2018, de 17.4% pour les exportations et de 10.7% pour les importations)", précise l'OCDE.

L'Union européenne, elle, voit ses exportations et ses importations diminuer respectivement de 3,2% et de 3,6% au deuxième trimestre par rapport à la même époque l'an passé. L'Allemagne, dont l'industrie est tournée vers le monde, souffre particulièrement des tensions commerciales: ses exportations reculent de 6,6% quand ses importations reculent de 4,1%, toujours sur un an. Sur l'autre rive du Rhin, la casse est largement contenue: les exportations françaises augmentent même légèrement de 0,1% par rapport au deuxième trimestre 2018, alors que les importations sont en repli de 3,6%. En Italie, les exportations refluent de 2,5% et les importations de 4,3%. 

Australie et Mexique en grande forme

La guerre commerciale n'est néanmoins pas la seule responsable de la morosité du commerce mondial. Outre-Manche, les incertitudes persistantes autour du Brexit, et la menace d'une sortie sans accord de l'UE, plombent le commerce britannique: les exportations baissent de 3,1% sur un an, tandis que les importations chutent de 7,2%. En Russie, affaiblie par les sanctions économiques occidentales et l'essoufflement de son économie, les exportations dévissent de 8,2% sur un an, malgré la hausse des prix du pétrole brut, et les importations diminuent de 3%.

Certains, pourtant, s'en sortent mieux que les autres. L'Australie (+9,8% sur un an) affichent des exportations en grande forme. L'île-continent semble bénéficier, par ricochet, de la guerre commerciale: l'économie australienne, notamment la filière agricole et viticole, se tourne en effet de plus en plus vers le géant asiatique. Le Mexique, base arrière de l'économie américaine, peut aussi sourire: ses exportations grimpent de 5,3% sur un an.

Jérémy Bruno