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Face à un boycott, les ventes de Danone plongent au Maroc

La filiale marocaine du géant de l'agroalimentaire fait l'objet d'une campagne de boycott pour protester contre la cherté de la vie. Ses ventes ont chuté de moitié, ses lignes de production tournent au ralenti, et ses salariés craignent pour leur emploi.

Danone est dépassé par un mouvement social inédit au Maroc: un appel au boycott pour protester contre la vie chère qui vise ses produits ainsi que l’eau minérale Sidi Ali et les stations-service Afriquia. Trois marques en position dominante sur leur créneau. La campagne a débuté le 20 avril sur les réseaux sociaux, et l'effet comment à se faire sentir fortement pour le géant de l'agroalimentaire.

La filiale marocaine l'avoue, elle ne s'attendait pas à ce que l’appel lancé sur Facebook rencontre un tel écho inattendu. Elle est totalement dépassée par l'ampleur du phénomène. Elle a beau jouer la transparence sur ses chiffres, rappeler que le prix du lait n'a pas bougé depuis 2013, en moins de six semaines, ses ventes ont chuté de 50%.

Les intérimaires renvoyés

Les conséquences se font sentir dans ses usines, où les lignes de production tournent au ralenti. La filiale a dû mettre fin aux contrats intérimaires et réduire de 30% sa collecte de lait auprès des producteurs locaux. En France, au siège mondial de Danone, on dit suivre de près de la situation mais paraît pour le moment assez impuissant.

En début de semaine, sa filiale au Maroc a annoncé un avertissement sur résultats. Elle prévoit désormais une perte de plus de 13 millions d'euros au premier semestre. Si bien que mercredi, ce sont les salariés du groupe eux-mêmes qui sont descendus dans la rue devant le parlement à Rabat, exprimant leurs craintes pour leur emploi.

L'affaire a même coûté son poste à un ministre du gouvernement marocain qui s'était joint à la manifestation des employés de Danone. Lahcen Daoudi, qui a le portefeuille des Affaires générales de la gouvernance, a présenté sa démission mercredi soir, face aux critiques pour avoir pris ostensiblement parti contre le boycott.

Hélène Cornet, édité par N.G.