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Étiquetage des produits issus des colonies: Israël critique la France

Israël critique la France vis à vis de l'étiquetage des produits issus des colonies

Israël critique la France vis à vis de l'étiquetage des produits issus des colonies - THOMAS COEX / AFP

Le ministère français de l'Économie demande aux opérateurs économiques d'ajouter l'expression "colonie israélienne" sur les produits alimentaires fabriqués dans les colonies. Une décision qui passe mal à Jérusalem.

Les relations entre les deux pays pourraient bientôt se tendre: Israël accuse la France de favoriser les boycotts anti-israéliens après les instructions données par Paris aux acteurs économiques d'appliquer une décision de l'UE sur un étiquetage différencié des produits en provenance des colonies israéliennes. Le ministère français de l'Économie a avisé jeudi les opérateurs économiques qu'ils devaient ajouter "colonie israélienne" ou une mention équivalente sur les produits alimentaires fabriqués dans les colonies, c'est-à-dire les implantations civiles israéliennes de Cisjordanie et du plateau du Golan occupées par Israël depuis 1967, selon Légifrance.

Le ministère français est l'un des tout premiers, sinon le premier, à mettre en oeuvre les consignes passées en novembre 2015 par l'Union européenne. Cette dernière avait alors approuvé l'application de l'étiquetage imposant à tous les pays membres d'étiqueter les marchandises venues des colonies israéliennes qui, pour l'UE comme la communauté internationale, ne font pas partie du territoire israélien. La mesure, qui concerne principalement des produits alimentaires (fruits, légumes, vins) et cosmétiques, avait provoqué la fureur du gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu. 

Pour Bercy, il est nécessaire d'ajouter "colonie israélienne"

"Le gouvernement israélien condamne la décision" française, a réagi jeudi soir le ministère israélien des Affaires étrangères dans un communiqué. Avant d'indiquer qu"'il [était] regrettable de voir la France prendre des mesures susceptibles d'être interprétées comme encourageant les extrémistes et le mouvement de boycott contre Israël". Le ministère juge également "incompréhensible et même inquiétant que la France ait décidé de pratiquer deux poids, deux mesures aux dépens d'Israël" alors qu'il y a 200 querelles territoriales dans le monde.

Pour le ministère français, "le plateau du Golan et la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, ne font pas partie d'Israël" en vertu du droit international. Une étiquette disant seulement "produit originaire du plateau du Golan" ou de Cisjordanie "n'est pas acceptable", selon Bercy. Pour qui, "il est nécessaire d'ajouter, entre parenthèses, l'expression 'colonie israélienne' ou des termes équivalents".

S.B. avec AFP