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Etats-Unis: il détourne 58.000 dollars d'aides covid pour s'offrir une carte Pokemon

La bulle spéculative autour de ces cartes à jouer donne des idées... Mais pris la main dans le sac, cet habitant de l'Etat de Georgie risque pas moins de 20 ans de prison...

Les arnaques aux aides gouvernementales pendant la crise du covid sont légions. Mais l'objectif de ces arnaques est parfois baroque. Ainsi, un passionné américain de cartes Pokemon, voulant visiblement profiter de la bulle spéculative autour de ces objets, s'est employé à monter un faux dossier pour toucher des aides fédérales destinées aux entreprises mises en difficulté par la crise sanitaire.

Comme le rapporte le quotidien britannique The Telegraph, cet habitant de l'Etat de Georgie est parvenu à leurrer les autorités et a obtenu pas moins de 85.000 dollars d'aides en mentant sur le profil de son entreprise (nombre de salariés, baisse du chiffre d'affaires).

Ni une, ni deux, il consacre une bonne partie de cette somme (57.789 dollars) pour s'offrir une carte Pokemon de collection, soit la dixième plus importante trandaction de l'histoire pour ce type d'objet.

Bulle spéculative

La manoeuvre n'a néanmoins pas échappée aux autorités fédérales qui viennent d'inculper Vinath Oudomsine de fraude électronique. Il encourt une peine maximale pouvant aller jusqu'à 20 ans de prison et 250.000 dollars d'amende.

Vingt-cinq ans après leur apparition, la saga Pokémon créée par le géant japonais Nintendo continue à séduire petits et grands. Le succès de la licence - l'une des plus rentables au monde - qui se décline en jeux vidéo et dessins animés mettant en scène les adorables monstres, dont le célèbre Pikachu, ne montre aucun signe de fatigue.

Ce qui est recherché dans ces cartes: l'état et l'édition. Plus la carte est neuve et originale, plus les prix sont vertigineux. Le 22 février dernier, une carte Dracaufeu a été vendue 509.969 dollars aux États-Unis, soit 418.000 euros. Un record.

Reste que pour de nombreux spécialistes, cette flambée relève de plus en plus d'une bulle spéculative plus ou moins organisée par certaines maisons d'enchère. Un phénomène que l'on retrouve également dans les jeux vidéo rétro des années 80... Une cartouche de Mario 64 a ainsi été vendue plus de 1,5 million de dollars cet été. Du jamais vu.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business