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Déficit commercial record pour le Japon en 2013

Shinzo Abe, le 22 janvier dernier, lors du forum économique mondial de Davos.

Shinzo Abe, le 22 janvier dernier, lors du forum économique mondial de Davos. - -

Le pays a enregistré en 2013, un déficit commercial record de plus de 80 milliards d'euros selon des données officielles publiées ce lundi 27 janvier. En cause la politique du Premier ministre Shinzo Abe qui a eu pour effet d'affaiblir le yen.

C'est le revers des fameux "Abenomics", surnom donné à la politique économique entreprise par le Premier ministre japonais Shinzo Abe. Selon des données officielles publiées ce lundi 27 janvier, le Japon a enregistré en 2013 un déficit commercial record, à 11.475 milliards de yens soit environ 82 milliards d'euros.

Ce chiffre traduit une augmentation de 65% par rapport à son niveau de 2012, qui marquait déjà le précédent record.

Cette contre-performance s'explique en grande partie par la politique menée par Shinzo Abe. Depuis son arrivée au pouvoir fin 2012, le dirigeant nippon a entrepris de nombreux chantiers devant permettre au pays de renouer à la fois avec la croissance et avec la hausse des prix.

Des importations en forte hausse

Sous son impulsion, la Banque du Japon a décidé de se doter d'une politique monétaire accommodante et de se fixer un objectif d'inflation de 2%, une quasi-révolution pour un pays qui a longtemps été enlisé dans la déflation.

Le but non avoué de ces initiatives était de rendre le yen moins cher pour augmenter les exportations. Un succès puisque la devise nippone a dévissé de 21% face au dollar et de 26% face à l'euro, sur l'ensemble de 2013, et que les exportations ont progressé en valeur de 9,5%

Mais, dans le même temps, un yen moins élévé rend les importations plus onéreuses pour les entreprises japonaises. Au final, les importations ont augmenté en valeur de 15%, surpassant largement l'effet positif sur les exportations.

Ainsi, Raymond Van der Putten, économiste chez BNP Paribas, conclut dans une note qu'une "grande partie" du déficit commercial japonais" est "attribuable à la forte dépréciation du yen". Ce dernier juge, par ailleurs, que la balance commerciale "devrait se détériorer davantage" en 2014-2015.

Julien Marion