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Boycott de Danone au Maroc: le PDG prend les choses en main

Le PDG de Danone, Emmanuel Faber, prend à bras le corps le boycott dont la marque fait l'objet au Maroc.

Le PDG de Danone, Emmanuel Faber, prend à bras le corps le boycott dont la marque fait l'objet au Maroc. - Eric Piermont - AFP

Danone, visé avec d'autres multinationales par un boycott au Maroc, ne prend pas les choses à la légère. Son PDG, Emmanuel Faber, s'est rendu sur place et a publié un message vidéo adressé aux Marocains sur les réseaux sociaux .

Le PDG de Danone, Emmanuel Faber, a assuré mardi vouloir "écouter" et "comprendre" le message porté par la campagne de boycott visant la marque au Maroc depuis deux mois, dans une vidéo sur Facebook adressée aux "consommateurs marocains".

La filiale Centrale Danone - détenue à 99,68% par le groupe français - subit "ce boycott d'une grande ampleur", a souligné Emmanuel Faber dans son message, en disant "respecter totalement le choix de ceux qui ont décidé de ne plus acheter la marque" et le "regretter profondément".

La campagne anonyme lancée sur les réseaux sociaux contre la "cherté de la vie" cible également les stations-service Afriquia et l'eau minérale Sidi Ali, également leaders sur leur marché au Maroc.

13 millions d'euros de pertes

"J'ai souhaité venir moi-même, aujourd'hui, écouter, rencontrer des consommateurs, des jeunes, des épiciers, des représentants de nos salariés mais également des agriculteurs pour écouter le message des Marocains, le comprendre et faire changer les choses", déclare le PDG de Danone dans une vidéo diffusée sur le compte Facebook de Centrale Danone.

Une photographie diffusée sur ce compte le montre ensuite en train de parler avec un groupe de femmes, sous la légende: "rencontre ce matin avec des mamans marocaines pour entendre leurs attentes pour leurs familles et leurs enfants".

Du fait de la baisse de ses ventes, la société cotée en Bourse à Casablanca a dit début juin s'attendre à une perte nette de 150 millions de dirhams (13,5 millions d'euros) au premier semestre 2018. En mai, sa décision de ne pas renouveler les contrats de 886 intérimaires et de réduire de 30% son approvisionnement en lait auprès de ses quelque 120.000 éleveurs locaux sous contrat avait suscité des réactions négatives sur les réseaux sociaux.

Un mouvement inédit dont l'origine reste inconnue

Malgré ses multiples appels à la raison, ses avertissements sur l'impact possible sur l'économie et ses menaces de poursuivre en justice ceux qui diffusent des "fausses informations", le gouvernement marocain n'est pas parvenu à juguler le mouvement inédit, dont nul n'a réussi à identifier l'origine.

La campagne de boycott vise aussi le grand festival musical de Mawazine Rythme du monde qui, depuis son ouverture la semaine dernière à Rabat, a vu une baisse notable de fréquentation de ses spectacles gratuits dans les quartiers populaires, comme ont pu le constater des journalistes de l'AFP et leurs confrères au fil des soirées.

N.G. avec AFP