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70% des Allemands sceptiques face au Tafta

Manifestation contre le projet de traité de libre-échange transatlantique à Bruxelles, en décembre 2014.

Manifestation contre le projet de traité de libre-échange transatlantique à Bruxelles, en décembre 2014. - AFP- Emmanuel Dunand

"Depuis des mois, l'Allemagne est la proue du mouvement de contestation contre le projet de traité de libre-échange entre les États-Unis et l'Union européenne."

Outre-Rhin, peu nombreux sont ceux qui défendent le traité de libre-échange transatlantique. La chancelière, Angela Merkel, espère toujours un accord entre l'Union européenne et les Etats-Unis d'ici à la fin de l'année. Mais les Allemands ne sont pas convaincus par le projet.

Selon un sondage mentionné ce jeudi par la chaîne de télévision publique ARD, 70% des personnes interrogées pensent que ce projet d'accord présente "plutôt des inconvénients" pour l'Allemagne et seuls 17% y voient "plutôt des avantages". Ce sondage été réalisé sur un échantillon de 500 personnes jugées représentatives de la population.

Des dizaines de milliers de manifestants

Le scepticisme progresse puisqu'en juin 2014, seuls 55% des sondés insistaient sur les inconvénients et 31% pensaient aux avantages, lors d'une enquête similaire, a rappelé la chaîne allemande. Depuis de longs mois, l'Allemagne est à la pointe de la contestation européenne contre le traité de libre-échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis, connu sous le nom de TTIP ou Tafta. Des manifestations ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes, à Berlin fin 2015 et en avril à Hanovre lors de la venue du président américain, Barack Obama.

Le gouvernement allemand n'est pas prêt à signer à n'importe quel prix un accord avant que Barack Obama ne quitte le pouvoir. Il partage avec son opinion des réserves, notamment sur la justice d'arbitrage, qui laisserait la possibilité aux multinationales de contester les lois d'un Etat, ou sur un nivellement par le bas des normes sanitaires et environnementales européennes.

De son côté, la France menace aussi de ne pas signer cet accord. "A ce stade (des négociations), la France dit non", avait prévenu mardi François Hollande.

A.R. avec AFP