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Il faut encourager la mobilité entre pays européens

La mobilité des salariés est insuffisante

La mobilité des salariés est insuffisante - -

Inciter les européens à aller chercher fortune ailleurs devient un outil de lutte contre les crises sociales en Europe. Mais le phénomène reste trop isolé.

La Commission européenne a proposé, vendredi 26 avril, une nouvelle directive visant à garantir une meilleure application de la législation européenne sur le droit des citoyens à travailler dans un autre Etat membre.

A l'heure actuelle, les employeurs européens ne maîtrisent pas le droit de l'Union européenne applicable en la matière, ce qui constitue une source majeure de discrimination fondée sur la nationalité.

En outre, les citoyens qui rencontrent des difficultés à exercer leur droit de libre circulation dans un Etat en particulier ne savent pas où s'adresser. Ainsi, selon le sondage Eurobaromètre 2011, plus de 15% des citoyens pensent qu’il existe trop d’obstacles pour aller ailleurs.

Il ne faut pas sous-estimer la portée de cette directive, tant la mobilité géographique était jusque-là le levier oublié pour amortir les chocs économiques qui peuvent affecter les pays de la zone euro et assurer un peu de plasticité au tissu économique.

Pas d'autre solution à l'horizon

Car c’est bien le problème de la zone euro: corriger les chocs n’est plus possible par la monnaie, puisque tout le monde à la même.

Il n’est plus possible, non plus, de jouer sur les taux d’intérêt directeurs, puisqu’ils sont fixés à Francfort par la BCE. 

Idem en ce qui concerne le budget européen, qui ne permet pas de compenser les différences de conjoncture, puisqu'il pèse 15 à 20 fois moins lourd en proportion du PIB à Bruxelles qu’à Washington. 

Enfin, l’ajustement ne peut pas se faire par la baisse des prix et des salaires, sauf à prendre le risque de rentrer dans une dangereuse spirale déflationniste.

Reste la mobilité géographique, qu’on ne peut qu’encourager quand on sait que les écarts de taux de chômage varient de 3% à 4% de la population active dans certains pays, pour frôler les 30% dans d’autres !

D’autant que le phénomène reste rarissime : 3% de la population active seulement (9,5 millions de personnes) travaille et vit dans un autre état membre. Ces individus comblent davantage d’emplois vacants qu’ils ne prennent pas la place des locaux.

Emmanuel Lechypre