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Un haka contre Nestlé pour dénoncer la fermeture d'un site à Nice

Des salariés de Galderma font un haka contre Nestlé à Sophia Antipolis dans les Alpes-Maritimes, le 9 novembre 2017

Des salariés de Galderma font un haka contre Nestlé à Sophia Antipolis dans les Alpes-Maritimes, le 9 novembre 2017 - YANN COATSALIOU, AFP

Plus de 400 salariés du laboratoire de dermatologie Galderma ont manifesté ce jeudi à Sophia Antipolis, réalisant un haka. L'objet de leur colère: dénoncer le désengagement du géant suisse Nestlé, la maison-mère.

Aux cris de "Nestlé m'a tué, tous sacrifiés", plus de 400 salariés du laboratoire de dermatologie Galderma amené à fermer en 2018 ont manifesté jeudi à Sophia Antipolis, réalisant un spectaculaire haka pour dénoncer le désengagement du géant suisse Nestlé, la maison-mère.

Malgré une pluie battante et une faible syndicalisation du site à forte composante cadre, le cortège de salariés en colère a défilé pendant deux bonnes heures, certains en blouses blanches, avec des pancartes "Galdermiens, -550 postes" ou encore "Macron, l'innovation est ici et toi t'es où ?". En tête de la manifestation, imitant les rugbymen du Pacifique, ils ont réalisé un impressionnant haka.

"Ce n'est pas un baroud d'honneur", a déclaré une spécialiste en essais clinique, Florence Joly, 47 ans. "On n'est pas du genre à brûler des pneus à l'entrée des autoroutes ou des usines mais il faut arriver à toucher l'opinion. C'est un beau scandale de la part d'une multinationale bien florissante. Ils ont communiqué a minima et personne n'a compris qu'ils fermaient le site", ajoute cette chercheuse recrutée il y a six ans. Elle n'est pas sûre de pouvoir se reclasser en Suisse, où Nestlé compte implanter un nouveau centre de recherche et développement dans le canton de Vaud.

Le groupe justifie la restructuration de sa filiale, à Sophia Antipolis depuis 1981, pour des raisons stratégiques: Galderma produit des crèmes, alors qu'il veut développer des soins de la peau par injection ou voie orale. Environ 400 postes sur 550 sont sur la sellette, voire la totalité si aucune solution de reprise ne se fait jour.

Une délégation reçue au ministère

Une pétition circule aussi, qui a dépassé les 18.000 signatures, parallèlement à un site Facebook de soutien au personnel dont un post évoque un boycott des marques produites par le groupe Nestlé. "Moi je n'incite pas à le faire mais il y a des gens qui ne peuvent plus voir l'étiquette Nestlé en face, des gens écoeurés qui disent +je ne veux plus manger quelque chose de ce groupe+", indique la déléguée CFDT de l'entreprise, Nathalie Strauss.

Elle doit être reçue avec une délégation aux ministères du Travail puis de l'Economie dans les semaines à venir.

I.V., avec AFP