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Vinci: "le gel des tarifs des péages ne nous a pas été demandé directement"

Pierre Coppey, directeur général délégué de Vinci et président de Vinci Autoroutes, était l'invité d'Hedwige Chevrillon ce 16 décembre.

Pierre Coppey, directeur général délégué de Vinci et président de Vinci Autoroutes, était l'invité d'Hedwige Chevrillon ce 16 décembre. - BFM Business

Pierre Coppey, directeur général délégué de Vinci et président de Vinci Autoroutes, sur BFM Business ce 16 décembre, a expliqué que les sociétés concessionnaires d'autoroutes ne bénéficiaient d'aucune rente.

Les concessionnaires d'autoroutes dans l'œil du cyclone. Des rapports parlementaires, un autre qui dénonce une "rente autoroutière" des sociétés qui les exploitent, appel de la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, à geler les tarifs des péages.

Sur BFM Business ce 16 décembre, le président de Vince Autoroutes, Pierre Coppey, indique qu'il "regarde BFMTV (où la ministre a réclamé ce gel), mais "jamais jusqu'ici cette demande ne nous a été faite directement".

La rente? Une "grosse incompréhension"

Or "toucher aux tarifs, c'est toucher à l'équilibre des contrats. C'est évidement possible: ils ont fait l'objet de nombreux avenants. Mais il faut qu'ils continuent de nous permettre de nous endetter comme nous avons besoin de le faire".

"Les concessions sont un mode contractuel qui permet à l'Etat d'accélérer les investissements en recourant à l'argent privé, en faisant payer les usagers plutôt que les contribuables. C'est un formidable outil d'investissement au service des pouvoirs publics", estime Pierre Coppey.

Quant à la "rente" dénoncée par l'Autorité de la concurrence, il s'agit d'une "grosse incompréhension". Le modèle du contrat passé avec l'Etat au moment de la privatisation des autoroutes consiste selon lui à "perdre beaucoup au début, puis rembourser petit à petit, d'abord la dette, puis le capital".

La dette des sociétés d'autoroute excède le budget de la Défense

Mais ce modèle est "incompris, notamment parce que la durée des concessions n'est jamais prise en compte. Tout le monde oublie que le capital de la société doit être amorti pendant la durée de la concession. Puisqu'à la fin de la durée du contrat, l'autoroute est rendue à l'Etat, les actionnaires sont remboursés et la société est dissoute". Vinci, qui a "de très nombreuses concessions", les verra s'achever "entre 2028 et et 2032".

"Ce qui est très irritant dans le débat caricatural qui se tient aujourd'hui, c'est que tout ce qui arrive est écrit dans les contrats. On ne peut pas feindre de s'étonner du niveau de profit des sociétés d'autoroutes: il est la contrepartie des investissements et permet de rembourser les investissements faits sur la durée des contrats", martèle le président de Vinci Autoroutes.

Sur les investissements, justement, "on parle de montant à 9 zéros. La dette cumulée des sociétés d'autoroute est de 31 milliards d'euros, c'est plus que le budget du ministère de la Défense", explique-t-il encore.

N.G.