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UberPOP: "l'arrêté préfectoral ne change rien", pour le DG d'Uber France

Thibaud Simphal, le DG d'Uber France, était l'invité de BFM Business, ce jeudi 25 juin

Thibaud Simphal, le DG d'Uber France, était l'invité de BFM Business, ce jeudi 25 juin - BFM Business

Invité de BFM Business ce jeudi 25 juin, le directeur général d'Uber France, Thibaud Simphal, est revenu sur l'arrêté préfectoral demandé par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve qui, selon lui, ne bloque pas le service UberPOP à Paris.

Alors que les manifestions des taxis contre le service UberPOP battent leur plein, le DG d'Uber France, Thibaud Simphal était l'invité de BFM Business ce jeudi 25 juin. 

Invité à réagir à l'arrêté préfectoral demandé par le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve puis pris par le préfet de police pour interdire ce service à Paris, il estime que "cela ne change rien".

"C'est un arrête préfectoral, on va le contester et on verra ce que donne le recours", a-t-il indiqué avant d'ajouter que "pour l'instant, cela ne change rien, UberPOP peut continuer". 

Il rappelle que plusieurs arrêts préfectoraux ont déjà été déposés dans plusieurs régions. Or, selon lui, "le ministère de l'Intérieur n'a pas le pouvoir d'interdire une application, seul le juge peut le faire". 

"Les violences sont inacceptables"

A ce titre, Thibaud Simphal a rappelé qu'une question prioritaire de constitutionnalité a été transmis par la Cour de cassation au Conseil constitutionnel sur la loi Thévenoud, loi qui régule les conditions d'exercice des VTC. "Cette loi est imprécise, on ne la comprend pas", indique Thibaud Simphal qui rappelle toutefois qu'elle "permet UberPOP". "On verra ce que dit le Conseil constitutionnel", a-t-il conclu.

Le DG d'Uber France est également revenu sur les débordement des manifestations des taxis et notamment les violences commises sur les chauffeurs UberPOP. S'ils considère que ces violences sont "inacceptables", il souligne qu'elles sont "le fait d'une minorité, 95% des taxis n'étant pas violents".

"Une minorité de taxis prend en otage le public, les touristes, l'image de la France en faisant la violence dans la rue alors que pendant ce temps il y a des discussions juridiques qui doivent se dérouler", a-t-il développé.

"Le prix de la licence n'a pas baissé"

Et au passage, Thibaud Simphal a tenu à mettre les poins sur les "i". Interrogé sur une possible baisse du chiffre d'affaires des conducteurs de taxis, il répond "on sait très bien que ce n'est pas vrai". "On parle beaucoup aux taxis, on les connaît, on est dans le même secteur", fait-il valoir.

Dans la même logique, il a assuré que "le prix de la licence (des taxis, ndlr) n'a pas baissé. Elle est toujours à 240.000 euros alors qu'Uber est en France depuis quatre ans".

Et Thibaud Simphal d'égratigner un peu plus les taxis. "Pourquoi limiter le nombre de licences? Il y avait 14.000 taxis en 1937 et 17.000 en 2015. Comment est-il possible qu'en presque un siècle il n'y ait que 3.000 taxis en plus?".

Il est ensuite revenu sur UberPOP dont il assure, sans donner un chiffre précis, qu'il ne représente qu'une "minorité" des revenus en France. Uber a préparé un document pour défendre son service, appelé "10 vérités sur UberPOP" pour calmer la gronde des taxis qui y voient une concurrence déloyale.

Thibaud Simphal a rappelé que pour être chauffeur UberPOP il faut un permis de conduire, une formation et une assurance. Et "à partir du moment où l'activité est régulière, ils (les chauffeurs, ndlr) sont inscrits comme autoentrepreneurs et paient donc des cotisations au RSI", indique-t-il. "Quel est le problème et que faut-il de plus en France pour être chauffeur en 2015 et être libre d'entreprendre?", s'est-il interrogé.

J.M.