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Transition énergétique: Augustin de Romanet (ADP) prédit une hausse des prix des billets d'avion

Le secteur aérien a entamé sa transition énergétique.

Le secteur aérien a entamé sa transition énergétique. - albert22278 - Pixabay

Selon le dirigeant du groupe ADP, les coûts liés à la transition énergétique du secteur aérien devraient se traduire par des hausses de prix pour les passagers.

Payera-t-on plus cher son billet d'avion dans quelques années? Pour le patron d'Aéroports de Paris, cela semble inéluctable. "Pour décarboner le monde, il va falloir faire preuve d'innovation, et l'aviation n'y échappera pas", a assuré ce mardi matin Augustin de Romanet sur Franceinfo. Pour le dirigeant du groupe qui chapeaute les aéroports d'Orly et de Roissy, c'est avant tout parce que le prix des avions eux-mêmes va grimper dans les prochaines années.

"Les technologies [qu'il va falloir] mettre en œuvre seront plus onéreuses" et le coût du carburant nécessaire sera plus élevé, "puisque les pouvoirs publics de l'ensemble de la planète vont obliger à mettre beaucoup plus de biocarburants dans les moteurs". "Aujourd'hui, un moteur peut ingérer 50% de biocarburant, or il n'en ingère que 1% (…) parce que c'est trop cher et, en plus, si on veut mettre beaucoup de biocarburant, il n'y a pas encore d'offre" adéquate, a-t-il poursuivi.

Une "prise de conscience" du secteur aérien

Pour le PDG d'Aéroports de Paris, le monde aérien a "pris conscience" de la nécessité de la transition énergétique en 2019. "Ce ne sont plus les mêmes réflexes, les mêmes démarches en termes d'innovation. Mais tout ceci aura un prix, et je pense qu'il vaut mieux que ce soit le consommateur qui paye plutôt que le contribuable", a estimé Augustin de Romanet. "Comme je ne suis pas ami de l'augmentation des impôts, je suis ami du fait que le consommateur paye ce qu'il utilise".

Les prix très bas que certaines compagnies aériennes low-cost proposent vers des destinations très prisés ne vont pas "se terminer du jour au lendemain, mais la tendance sur le long terme va être que ce soit beaucoup moins possible", a-t-il assuré. D'autant que plusieurs nouvelles compagnies low-cost viennent de débarquer ou s'apprêtent à le faire dans le ciel européen, américain ou asiatique, malgré la crise sanitaire dans laquelle est embourbé le secteur aérien.

Jérémy Bruno Journaliste BFMTV