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SNCF: la tension monte entre l’État et Guillaume Pépy

"Pour débloquer les négociations internes à la SNCF, l'exécutif se serait passé des services du patron de la compagnie. Ce que ce dernier n'a que très moyennement apprécié. "

Parallèlement aux mouvements de contestation contre la loi Travail, un autre bras de fer est engagé entre les cheminots et la direction de la SNCF. Depuis plusieurs mois déjà, les négociations sur l’organisation du temps de travail battent leur plein au sein de la compagnie ferroviaire, engendrant de nombreux débrayages initiés par les syndicats.

Mais à l’approche de l’Euro 2016, la pression est montée d'un cran. Hors de question de voir une grève perturber l’organisation de la compétition. Du coup, un troisième acteur s’est invité dans les négociations, puisque l’exécutif semble avoir négocié directement avec les syndicats pour que ces derniers lèvent leurs préavis à compter de ce mardi soir.

Pari à moitié réussi, puisque la CFDT n’appelle plus à la grève, mais que les autres organisations ont maintenu leur appel à la mobilisation.

Pépy voudrait négocier un rachat partiel de la dette

Mais tout cela a un prix, puisque l’État a dû faire des concessions. Alain Vidalies aurait - même si celui-ci dément - par exemple négocié le maintien d’une règle qui veut qu'un agent ne parte pas du travail après 19h la veille d'un repos hebdomadaire, et qu'il ne revienne pas avant 6h du matin pour la reprise.

Sauf que l’initiative du secrétaire d’État aux Transports n’est pas passée au sein de la direction de la SNCF. Guillaume Pépy, son président, n’a que très peu goûté d’avoir été écarté des négociations, certaines rumeurs allant même jusqu’à évoquer sa démission. Finalement, en guise de compensation, le dirigeant souhaiterait négocier le rachat d’une partie de la dette de la SNCF par l'État.

Y.D.