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Renaut revoit sa copie sur son plan de flexibilité

Renault tente de convaincre les syndicats

Renault tente de convaincre les syndicats - Charly Triballeau - AFP

Le constructeur a revu son plan d'organisation du temps de travail pour convaincre les syndicats, qui jugent néanmoins ces efforts "insuffisants".

Renault a largement revu son projet d'organisation du temps de travail, mardi lors des négociations d'un nouvel accord d'entreprise, "même si c'est encore insuffisant" selon les syndicats.

Selon la direction, le projet a été modifié pour "concilier le besoin de l'entreprise de s'ajuster aux variations d'activité et les attentes des représentants des salariés en matière de paiement des heures supplémentaires et de volontariat".

"Il y a des choses positives même si nous n'avons pas atteint le niveau de l'acceptable, notamment sur l'allongement quotidien de la durée du travail", estime Bruno Azière de la CFE-CGC (1er syndicat). Le temps de travail pourra être augmenté d'1h15 par jour, contre 1h30 dans la première proposition présentée le 18 octobre.

Des renoncements

Cette possibilité de débordement n'est "pas acceptable" non plus pour la CGT, comme la CFDT qui parle de "ligne rouge" si cela devenait obligatoire. "Aujourd'hui, cela fonctionne très bien dans certains sites sur la base du volontariat", insiste un délégué CFDT. 

Selon plusieurs syndicats, le constructeur a également renoncé à une modulation annuelle du temps, avec un jeu de compensation entre périodes chargées et creuses permettant de réduire le nombre d'heures supplémentaires. 

Renault est aussi revenu sur sa proposition de rendre obligatoire le travail le samedi, proposant le volontariat, comme actuellement. Les délais de prévenance des changements de plannings sont aussi passés de 7 à 14 jours.

Un recul pas encore suffisant

"À l'évidence, le mécontentement exprimé par les salariés sur le travail supplémentaire obligatoire et non payé en heure supplémentaire a contraint la direction à reculer ... mais pas encore suffisamment", a souligné dans un communiqué la CGT.

FO reconnaît "une évolution" par rapport à l'ancien dispositif mais refuse de se prononcer pour l'instant, dans l'attente de précisions.

Des mouvements 

Contre les "samedis obligés", une intersyndicale CGT-FO-Unsa-CFDT s'était constituée dans l'usine de Flins (Yvelines) et avait appelé à débrayer mardi pendant la tenue des négociations. Selon Ali Kaya (CGT), 300 salariés ont cessé le travail dans la matinée, environ 240 selon la direction qui précise que "l'activité n'a pas été affectée".

D'autres grèves, moins importantes, ont eu lieu sur les sites de Batilly (Meurthe-et-Moselle), de Cléon (Seine-Maritime) et de Lardy (Essonne). 

La direction a l'ambition d'aboutir avant mi-décembre à un accord, qui doit remplacer celui conclu en 2013 avec trois syndicats (CFE-CGC, CFDT, FO). La prochaine table ronde doit se tenir le 29 novembre. 

En contrepartie des efforts demandés aux salariés, le constructeur avait proposé, lors de la précédente séance, d'embaucher 3.000 salariés en CDI en France d'ici trois ans et de réduire de moitié le taux d'intérimaires. Mais ces recrutements compenseront "à peine" les départs naturels sur la même période, selon plusieurs syndicats, et "ne compensent pas l'hémorragie des départs depuis 2013" (plus de 9.000). 

Dans le périmètre de l'accord (Renault SAS et sept filiales industrielles), Renault recensait 35.000 salariés fin 2015. 

J.M. avec AFP