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Pollution: des machines pour purifier l'air du métro

Des expérimentations pour dépolluer l'air débutent dans le métro parisien. Si les tests sont convaincants, ils pourraient être développés sur le réseau.

L'air pourrait devenir moins pollué dans le métro. La région Ile-de-France, la RATP et la SNCF ont entamé depuis début juin des expérimentations pour tenter de purifier l'air dans les stations de métro et de RER. Car la pollution n'épargne pas les souterrains.

Sur les quais, l'air du métro peut être plus irrespirable encore que l'air extérieur. En cause notamment, les frottements des freins et l'air moins renouvelé en souterrain, qui contribue à faire grimper la concentration de particules. Cette pollution est problématique pour les voyageurs et surtout pour les agents, exposés de façon prolongée à cette pollution

Pour tenter d'améliorer les choses, deux solutions sont en cours de test, après un appel à projets lancé par la Région doté d'un budget d'un million d'euros.

Les particules attirées comme des aimants

Sur le quai de la station Alexandre Dumas, sur la ligne 2, des machines ont ainsi fait leur apparition, dissimulées dans des armoires électriques. Ce procédé développé par Suez et baptisé IP'AIR utilise l'ionisation positive: l'air passe dans la machine, dans laquelle un faible courant électrique est injecté. Les particules sont alors attirées comme des aimants vers des plaques qui collectent les particules.

A la sortie, l'air déchargé de ses particules est rejeté dans la station.

Pollution métro
Pollution métro © -

Les particules récupérées seront elles étudiées pour tenter d'être valorisées. 

"Vous avez les rames de métro qui vont brasser beaucoup d'air, nous allons analyser la nature de la pollution et suivons ce que nous récupérerons de la pollution, nous la traiterons voire nous la valoriserons", explique Marie-Ange Debon, directrice générale de Suez France. 

Un autre dispositif Avenue Foch

A la station Avenue Foch, sur le RER C, un autre dispositif développé par Air Liquide est aussi en train d'être expérimenté. Six purificateurs, également installés dans de grandes armoires métalliques, viennent d'entrer en action. La technologie d'Air Liquide repose là aussi sur une ionisation positive, filtre l'air, emprisonne les particules et rejette l'air purifié. 

Un premier bilan de ces deux expérimentations sera dévoilé à la fin de l'année 2019. Il s'appuiera notamment sur les mesures de qualité de l'air réalisées par Aiparif, pour voir si ces solutions permettent réellement d'assainir l'air. Si l'essai est concluant, le dispositif pourrait être étendu à d'autres stations. 

Carole Blanchard avec Mohamed Mezeraï, Alicia Forichier