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Plombé par l'A380, Airbus n'exclut pas de réduire ses effectifs

Singapore Airlines, première compagnie à avoir fait voler l'A380, ne compte pas renouveler l'année prochaine le contrat de leasing de son premier exemplaire, entré en service le 25 octobre 2007.

Singapore Airlines, première compagnie à avoir fait voler l'A380, ne compte pas renouveler l'année prochaine le contrat de leasing de son premier exemplaire, entré en service le 25 octobre 2007. - Singapore Airlines

L'avionneur prépare un plan de réduction des coûts, qui pourrait inclure des suppressions d'emplois. Il vise à réduire les conséquences financières de la baisse de production de l'A380, selon le Financial Times. Le patron d'Airbus Group confirme qu'il n'exclut rien...

Période de turbulence en vue Airbus. La direction, sous la houlette de Tom Enders, le PDG d'Airbus Group, concocte un plan de restructuration sévère. Alors qu'il n'est pas encore bouclé, ce programme de réduction des coûts pourrait inclure des suppressions d'emplois. Il s'agirait d'éliminer certaines fonctions et postes en doublon au sein de sa division aviation civile qui représente 70% de son activité, selon une information du Financial Times.

En réponse à ces informations, le patron d'Airbus Group, Tom Enders, a refusé, ce lundi 19 septembre, d'exclure des réductions d'effectifs. "Vous n'excluez jamais rien quand vous parlez d'efficacité et de synergie mais nous sommes en train de réfléchir à tout cela, de réfléchir aux moyens de réduire les coûts de nos structures et d'être plus efficace", a déclaré le PDG allemand, questionné sur la possibilité de suppressions d'emplois.

Le patron d'Airbus Group réfléchit aux réductions de coûts de son organisation

"Nous réfléchissons sans cesse à des solutions et des moyens pour être plus efficaces, pour faire en sorte que nos opérations soient moins coûteuses mais également nos administrations et nos structures administratives et, comme je l'ai déjà dit fin juillet, nous sommes en train d'y réfléchir", a déclaré le patron allemand en marge de l'inauguration de la "Leadership University" d'Airbus à Blagnac, près de Toulouse, où se situe le siège administratif du constructeur.

En juillet 2016, Airbus avait indiqué avoir passé une lourde charge (1,4 milliards d'euros) pour son avion de transport militaire, l'A400M, qui souffre de problèmes récurrents de retards de livraison.

Cette fois-ci, l'avionneur doit absolument réduire sa voilure, à cause de la réduction drastique la cadence de production de l'A380. A compter de 2018, Airbus ne produira qu'un seul exemplaire par mois de son très gros porteur, soit 12 par an contre 27 sur l'ensemble de l'année 2015. Depuis le lancement du programme, en 2000, l'avionneur a enregistré 331 commandes d'A380, dont près de 200 ont été livrés.

Qantas a gelé la livraison prévue de ses huit derniers A380 commandés

Son avion très gros porteur long-courrier souffre de la désaffection d'un nombre croissant de compagnies aériennes, qui avaient été séduites par ses capacités d'emport (entre 525 à 853 passagers selon les configurations).

Début août, la compagnie australienne Qantas a exprimé son intention de ne pas prendre les huit derniers superjumbos d'Airbus qui ne lui avaient pas encore été livrés. Qantas semble se satisfaire de sa flotte actuelle d'A380.

Plus inquiétant pour l'avionneur européen, Singapore Airlines vient d'indiquer qu'elle ne renouvellerait pas à l'échéance, le contrat de leasing en cours pour son premier A380 alors qu'elle en exploite déjà une flotte de 19 exemplaires. Or la compagnie de Singapour avait été la première à l'exploiter, en octobre 2007.

Frédéric Bergé